découvrir plusieurs criques: crique Rouge, crique Vache, crique 1900, crique Canard, crique Coswine et son village amérindien perdu au milieu de la mangrove et accessible uniquement en pirogue.
Pour vous situer un peu les choses, voici une carte du coin.
Notre rendez vous était fixé au site de l'ADNG, le long de la crique Rouge, accessible par la route de Mana, en jaune sur la carte.
Une fois la voiture garée sous un carbet de l'ADNG, nous nous sommes trompés deux fois de layon pour retrouver Pierrot, notre organisateur. Nous avons donc marché 3/4 d'heure avec nos deux touques ( bidons étanches servant de valises ) et un autre sac.Enfin, nous avons fini par arriver, presque à l'heure... 9h. Heureusement, nous avions pris de la marge...
Nous chargeons le "coleman" (pirogue en plastique) de tout le matériel nécessaire pour un WE de trente personnes, repas compris. Une fois installés à bord, nous pensons couler mais non, la ligne de flottaison est à 5 cm au dessus de l'eau. Si nous ne bougeons pas, si nous ne nous penchons pas, "ça doit le faire", nous dit Pierrot ! Nous avons tout de même 3h 1/2 de navigation à faire dans ce dédale de criques, heureusement très calmes. Nous nous arrêtons trois fois pour refaire le plein de notre petit 3cv et ma foi, un peu engourdis, nous arrivons à destination... La balade était en fait très agréable. Voici notre parcours dans la mangrove pour rejoindre Coswine. Cette "feuille de crique" me rappellait les "feuilles de route" que nous faisions en moto quand nous étions en métropole...

Quand je vous dis que nous transportions tout le nécessaire pour nourrir 30 personnes, il faut inclure la vaisselle et les gamelles...
Nous voilà donc arrivés. Pierrot est "cramé" par le soleil et a le bras tout enfourdi !
Voyez comme les abords du village sont attirants..... de la vase, de la vase et encore de la vase.
Il n'a pas plu, nous n'avons pas chaviré, nous n'avons même pas embarqué d'eau et tout le matériel est intact, nous aussi... tout est pour le mieux !
Nous débarquons à Coswine. Le village est mort. Nous sommes accueillis par "KGB" qui nous invite à nous installer dans la case du chef de village, absent pour le moment. Nous partageons avec lui le punch planteur que nous avions apporté et attaquons nos sandwichs, affamés.
J'en profite donc. Je ne dérange personne.
Visite guidée de lieu de villégiature quatre étoiles:
La cuisine:
Les WC:La salle de bain: C'est le seul point d'eau du village et il est au ras de la crique, très en contrebas du village. Il faut donc y remonter l'eau dont on a besoin.
Le carbet "construction de pirogue".
L'atelier "réparation de toits".
Le carbet où KGB nous conseille d'installer nos hamacs.
Je vous présente notre compagnon de nuit: un petit saïmiri prisonnier au bout d'une laisse.
Triste, triste...
Je vous fais grâce de toutes les ordures qui jonchent le sol dans pratiquement tout ce village qui décidément est très "spécial". Avec le vent, leurs feux, non protégés, répandent du charbon de bois partout et nous ne pouvons pas faire le moindre pas sans avoir les pieds noirs de cendre. Il faut voir l'état des enfants à la fin du WE... inimaginable !!! Des vrais charbonniers ! Ne parlons pas des vêtements, des hamacs et de tout le reste...
Nous faisons une sieste en attendant le reste du groupe qui arrive, lui, par le Maroni.
Certains ont profité de la grande pirogue (12m) de Gaëtan, le chef du village qui revient de St Laurent. D'autres arrivent par leurs propres embarcations dont une caravelle toutes voiles dehors.
Tout ce petit monde débarque vers 17h30. Les embarcations sont déchargées et attachées au ponton d'accueil, débarassées de leurs moteurs et accessoires à cause du vol.
La nuit tombe très vite et Nathalie et son fils se sont installés dans le carbet "pirogue" sans voir qu'il n'y avait pas de toit partout... heureusement, il n'a pas plu !
Il n'y a pas que le carbet qui n'a pas été entretenu. Trois ou quatre pylones avec panneaux solaires sont noirs de crasse et ne fonctionnent plus depuis bien longtemps. Le chef du village me dira par la suite que c'est parce que la mairie d'Awala dont ils dépendent n'a pas assez d'argent pour envoyer quelqu'un en pirogue entretenir ces installations et changer les batteries !
Nous faisons connaissance avec les quelques amérindiens (4 où 5) qui sont revenus. Ils sont tous saouls. Trois femmes vivent ici, recluses dans leurs cases. Nous ne les verrons pratiquement pas du WE à moins d'aller les voir chez elles mais je n'ose pas. Frédérique et une autre "touriste", pourtant, sont allées à leur rencontres et ont été bien reçues . Il n'y a plus d'enfants dans ce village fantôme. Ils sont tous scolarisés en ville et ne reviennent ici que pour les vacances.
Nous apprenons qu'en fait il n'y a qu'une seule famille... élargie à vivre ici.
Nous passons à la préparation du dîner, tous ensemble, et l'ambiance est très sympathique. Nous retrouvons une ou deux connaissances.
Un jeune couple d'enseignants vient se présenter à nous car il nous a reconnu comme étant les auteurs de ce blog qu'ils ont assidûment parcouru avant et au moment de leur arrivée en Guyane. Nous sympathisons très vite avec tout ce petit monde très hétéroclite: soignants, enseignants, entrepreneurs, tatoueurs, fonctionnaires dans l'administration, animateurs... tous métro quand même !
Laurent, de l'ADNG, est le préposé au barbecue.
Pierrot nous apprend à jouer de la musique, enfin plutôt à "émettre des sons" grâce à un tuyau de plastique. Nous nous y essayons à tout de rôle...
J'aimerais bien vous faire entendre ce que cela donne... mais je ne sais comment faire pour insérer un fichier son dans ce blog... dommage. Je vous propose donc le film, trop noir, uniquement pour le son.
Très harmonieux, n'est-ce pas ??
Vers minuit, nous regagnons nos hamacs. Un fois les quintes de toux de Dominique passées ( il a une bronchite-trachéite-...ite... depuis trois jours ), les appels des enfants qui se réveillent de temps en temps, tout le monde dort bien.
Vers 5h, Roger's vient donner à manger à son saïmiri, se poste au pied de mon hamac la bière à la main et la cigarette au bec. J'ouvre un oeil, profite bien de sa fumée puante pendant quelques minutes et l'entends me demander si tout va bien et si nous dormons bien !!!
C'est vrai que je dors très bien dans un hamac. En plus, je n'ai pas mal au dos en me réveillant, ce qui est bien agréable de temps en temps... Dominique, lui aussi, y dort très bien... quand il ne tousse pas !
La matinée est un peu longue, il n'y a vraiment rien à faire dans ce village minuscule, entouré de mangrove. En plus, se baigner dans la crique est très difficile, il faudrait progresser dans la vase jusqu'au cou. Les pontons sont très hauts et je n'aurai pas la force de m'y hisser pour sortir de l'eau. Je finis par me renverser sur la tête, toute habillée, des casseroles d'eau de la source pour me laver, laver mes vêtements et me rafraîchir...
La communication avec les amérindiens est plus que rudimentaire bien qu'ils parlent le français. Ils ont tous démarré à la bière vers 5h et sont encore à moitié dans le cirage... Quelle tristesse... Ils partent vers 10h30 vers leur "abattis" (zone défrichée servant aux cultures) avec un bidon de "cachiri" (bière de manioc).
Site racontant la vie des Amérindiens: http://www.junglexplorer.net/peuples2.htm
Cyril, qui était venu avec sa coque alu, va faire faire aux enfants, pour leur plus grande joie, du ski nautique. Pierrot va faire un petit tour en "coleman" à la pêche et reviendra bredouille.
Après de nombreuses tergiversations, il est décidé que nous restons encore pique-niquer ici ce midi et que nous rentrerons en faisant une petite halte sur une petite plage du maroni. A vrai dire, nous nous inquiétons un peu de savoir à quelle heure nous serons de retour à l'ADNG, vu que nous avons encore deux ou trois heures de pirogue à faire après...
Mais vers 16h, après un petit bain pas vraiment rafraîchissant (l'eau est au moins à 30°) chaque embarcation reprend la "voie navigable" du retour.
Nous sommes moins chargés, nous évitons la crique Coswine, la crique Canard et reprenons la crique Vache à partir du Maroni. Nous arrivons vers 18h30 au site de l'ADNG après avoir écopé une partie du voyage car il y avait un peu de clapot au départ. Nous avons aussi pagayé un peu pendant que Pierrot faisait régulièrement le plein du moteur et réparait la poignée du moteur qui avait lâché. Mais ce retour était très agréable. j'aime cette heure de fin de journée. les couleurs sont belles, la température plus fraîche.
Nouvelle expérience, donc toujours positive. C'est vrai, comme dit Nicolas dans son commentaire, qu'il est très interessant de connaître toutes les facettes de cette Guyane que nous aimons déjà beaucoup. Mais nous ne retournerons jamais passer un WE à Coswine, c'est sûr !
