Le début de notre séjour en Guyane se trouve à l'adresse:
http://leroux.over-blog.net/

Et ce blog ayant atteint sa capacité maximum de stockage, la suite de notre "aventure" se trouve sur:
http://docler2.blogspot.com/

.............Et en bonus, les pays que nous avons visité
en Amérique du Sud.
2008. Le Chili:
http://lerouxchili.blogspot.com/
2010. Le Pérou:
http://lerouxauperou.blogspot.com/


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dimanche 14 juin 2009

112 - Santé. Âmes sensibles, s'abstenir...

Et bien voilà, il ne me reste plus que le "ver macaque" à attraper... Après la dengue, article 90, http://docler.blogspot.com/2009/01/tout-sur-la-dengue.html les poux d'agoutis, article 103, http://docler.blogspot.com/2009/04/102-lilet-la-mere-et-les-singes.html cette fois ci, c'est la "Puce chique" . Ce que j'avais pris la semaine dernière pour un panaris m'a paru de plus en plus bizarre et différent... en fait ,c'était une "tunga pénétrans". Sympa ! Voici donc cette puce extraite à la pince à épiler: petit oignon blanc de la taille d'une tête d'épingle, d'où sort une petite tête noire ! "Cette charmante petite bête donne une pathologie appelée "Tungose". Cette pathologie exclusivement tropicale est due à la pénétration dans la peau d'une puce gravide : Tunga penetrans, appelée vulgairement "puce chique" en Guyane. La lésion siège le plus souvent au niveau des pieds : orteils près des ongles, talon. La puce vit dans les sols sableux et pénètre la peau lors d'un contact grâce à un rostre buccal particulièrement acéré, se développe dans l'épiderme, sans s'enfoncer en profondeur. Elle mesure environ 1 mm.. Cette pénétration est le plus souvent indolore et passe le plus souvent inaperçue et, en 4 à 5 jours, la puce se gorge de sang, son abdomen rempli d’œufs se distend et atteint la taille de 5 à 7 mm, produisant de ce fait une tension, responsable d’une symptomatologie douloureuse. Les œufs sont ensuite expulsés sur le sol et deviennent des larves, puis des puces en un cycle d’une quinzaine de jours. . Les symptômes sont le prurit (démangeaison) voir la douleur par distension de la peau (elle peut contenir 250 oeufs). L'aspect de la lésion est assez caractéristique : il s'agit d'un petit nodule ou d'une papule blanchâtre, de la taille d'un pois, enchâssé dans la peau, ferme, centré par un point sombre qui est l'orifice de ponte. La prophylaxie impose d'éviter de marcher pieds nus. Le traitement consiste en l'exérèse de la puce, au besoin sous anesthésie locale. Il faudra ensuite désinfecter régulièrement la plaie jusqu'à cicatrisation totale. On pourra éventuellement associer une antibiothérapie s'il existe des signes de surinfection." Dominique a donc été obligé de jouer l' infirmier pour me débarrasser de cette puce et des oeufs qu'elle avait pondu dans mon petit orteil gauche ! Et voilà, désolée pour les petites natures !!!

jeudi 9 avril 2009

103 - Santé. L'Îlet La Mère et les singes

Dimanche 5 avril, 5h du matin. Nous sommes à l'hôtel, à Cayenne et nous voilà réveillés par une averse diluvienne... Mon Dieu, qu'allons nous faire avec un temps pareil sur l'Îlet de "La Mère" ? Le départ est prévu à 8h45 et le retour vers 16h30. C'est une île déserte, ou presque...d'une cinquantaine d'hectares. Il n'y a que deux carbets près de l'embarcadère pour s'abriter. Bon, nous verrons bien ! Nous avons les parapluies et les capes de pluie... Le bateau du passeur transporte 12 passagers à la fois. Il fait une à trois navettes selon le nombre de "touristes". (35euros par personne A/R) Ouh là là, attention au débarquement, la marée est basse et c'est hyper-hyperglissant...
Ma foi, la météo a l'air plus clémente. Nous apercevons quelques "culottes de gendarme" dans le ciel. (C'est comme ça que ma grand-mère appellait les petits coins de ciel bleu!).
Nous commençons notre découverte de l'île. Plusieurs sentiers ont été aménagés par l'ONF.
L'îlet de La Mère a été habité autrefois par des Amérindiens. Nous y retrouvons des polissoirs. Au 17° siècle, elle a accueilli des Jésuites français, des lépreux et une ferme. En 1852, un bagne de 600 détenus y a été édifié et c'est une épidémie de fièvre jaune qui a mis fin a ce douloureux épisode.
La nature est très belle. Regardez ces lianes: Il n'y a pas qu'en Bretagne qu'on sait faire des noeuds ! A quoi vous fait penser ce magnifique arbre?
Des petites trouées dans la "jungle" nous permettent de profiter de magnifiques vues sur les îlots alentours: Le Père, Le Malingre, les deux Mamelles et l'Enfant perdu.
Mais surtout, ce que nous sommes venus voir ici, ce sont les singes. Ils sont 450 environ en liberté sur cet îlet. Ce sont des Saïmiris à mains jaune. En fait, ils ont servis pendant quelques années à la recherche anti-paludisme et ont été relâches en 1981.
On les appelle aussi les "singes écureuils". Ils sont très pacifiques et même très "entreprenants" avec les touristes et surtout avec leur pique-nique...
Nous n'en avons aperçu que deux ou trois lors de notre promenade mais dès que l'on se rapproche de l'embarcadère, là où sont installés des bancs et des tables, ils sont là, par dizaines, à quémander de la nourriture.
Ils savent même ouvrir les boites de "Springles" ou les paquets de gâteaux... Voici une maman avec son bébé sur le dos...
Nous nous régalons de leur familiarité... nous le regretterons un peu le lendemain...
Nous nous éloignons pour manger nos sandwiches tranquillement.
Cette petite plage est l'endroit idéal... je peux me baigner à volonté. C'est le seul endroit de l'île ou l'accès à la mer est possible.
Très vite, un petit saïmiri approche. Nous lui donnons nos restes. Une fois rassasié, il se met à pousser des petits cris pour appeler ses copains qui rappliquent alors en nombre.Après le déjeuner, nous nous mettons à la recherche d'un petit coin pour accrocher le hamac, sieste oblige...
Nous n'avons toujours pas eu une goutte de pluie. Quel Bonheur !
Il est 14h30, nous revenons vers le débarcadère au cas où il y aurait des places lors du premier passage de retour.
Et là, nous voyons le bateau couler !!!!!!!!!!!!!
Nous voilà bloquer sur cette île déserte, en compagnie des singes, avec un seul hamac pour deux et en plus, il est interdit d'y passer la nuit.... l'aventure, c'est toujours l'aventure !!!
Le passeur se précipite, essaye de le vider avec un simple seau.
Heureusement, miracle, deux personnes venues de nulle part, lui amènent une motopompe. Surréaliste !
Une vanne était déficiente.
Tout est très vite réparé et nous pourrons rentrer sans problème.
C'était une très bonne journée...
Par contre, le lendemain, beaucoup moins drôle...
Ça nous gratte de partout ! Nous sommes couverts de boutons. Ce sont des poux d'agoutis qui ont déserté les singes écureuils pour nous.
Les "poux d'agoutis" sont des "aoûtats" locaux.
De la famille des acariens, ces petites bêtes pondent des oeufs sous la peau, dans les endroits bien chauds du corps et il est parfois bien difficile de s'en débarrasser. Bains très chauds (ici, ce n'est pas très agréable!), Elenol, Ascabiol, pommades calmantes pour ne surtout pas se gratter, alcool, vinaigre, eau de javel, citrons, tous les moyens sont bons... En prévention: huile de Carapa et tout nouvellement (nov 2010) spray "REPULS' " pour poux d'agouti, aoûtats et tiques. Pour nous, cette fois, cela s'est très bien passé, en deux ou trois jours, nous n'étions plus génés. Nous avons de la chance!
Après les moustiques et la dengue, ces poux, il ne nous reste plus que les "puces-chiques" et les "vers macaques" à expérimenter !!!

Renseignements sur l'Ilet de la mère:
http://www.tourisme-guyane.com/activites-et-loisirs/activites-et-loisirs/fiche-detaillee/prestataire/autre-mer.html

lundi 2 février 2009

92 - Santé. Les Ndjukas, leur corps et la maladie.

Mes deux derniers articles ayant parlé de "maladie", je vais poursuivre sur le sujet pour vous faire connaître la représentation qu’ont les Ndjukas de leur corps et de son dysfonctionnement. Cette approche me semble si intéressante que je n’y résiste pas à vous la faire partager… Le corps est sous influence de forces « naturelles »( hygiène, alimentation, froid, médicaments occidentaux, fumées de la fusée Ariane. La fumée du bois ne produit pas de maladies…) mais aussi « d’entités spirituelles », de « tabous » (consommer de la nourriture offerte aux ancêtres, sorcellerie, pot de chambre empoisonné par un tiers, un esprit dérangé par la coupe d’un abattis où une dispute dans le ménage…). Différents « esprits de la terre » sont particulièrement concernés : L’« Akaa ».Principe vital personnel et unique. L’Akaa anime chaque partie du corps et est perceptible à la fontanelle du bébé. Il est relié au cœur et siège aussi dans les gros orteils. Il se fâche facilement et donc s’affaiblira mais on peut le renforcer par des offrandes. Il peut être volé par un sorcier. On peut l’attaché au corps par ligotage. Il voyage la nuit : ce sont les rêves. L’Akaa ne doit pas être effrayé par un choc émotif trop grand. La mère le renforcera en crachant du maïs mâché sur la fontanelle du bébé. Il est renforcé par des offrandes sur la tête du bébé. Il repartira à la mort par la fontanelle, planera trois jours au dessus du corps puis s’en ira en faisant sauter des bouteilles. Il pourra se réincarner dans les trois premières années après le décès sous forme de « Nenseki ». Le « Nenseki » est un ancêtre réincarné. Il touche surtout les enfants. Les « Nenseki » sont les esprits qu’il hérite physiquement de ces aïeux. Tout cela arrive par le ventre de la mère. Les « Nenseki » étant des morts, ils veulent s’incarner dans l’enfant en lui donnant la marque de la condition de sa mort. Un ancêtre mort par accident de la route fera naître un enfant avec une oreille de travers et un œil en moins. Il en est de même de ces conditions de vie en reproduisant chez l’enfant les maladies dont il souffrait. C’est comme un fantôme dont l’enfant ne pourra se libérer qu’à l’âge adulte. La forêt et l’eau grouillent d’esprits. L’« Anansi » (l’homme araignée) qui rend certaines personnes maigres, d’autres grosses. On peut être contaminé si on marche sur l’urine d’un malade. La « Terre mère » (« Goonmama ») sous la forme du « serpent boa » (« Papa gadu ») C’est un esprit de lieu et son « locus » est l’endroit ou l’enfant devenu adulte, devra célébrer son culte. La femme ne doit pas s’introduire dans son territoire, ni l’offenser. Surtout si elle est menstruée. La mort d’un serpent est grave. C’est pourquoi ils en ont très peur car ils ne peuvent pas le tuer. La « maladie » due à cet esprit là portera sur le ventre de la femme. Grossesse difficile, mort en couches, enfant handicapé, enfant ayant une intolérance grave à un aliment particulier. Il y a aussi l’esprit « de la termitière », celui de la « liane », d’une flaque d’eau à poissons, du caïman, du fromager etc… Manger un aliment « tabou » hérité du père (tous les enfants d’un même père héritent du même aliment « tabou ») peut entraîner la lèpre. La prévention est très importante. Le guérisseur était payé pour maintenir ses patients en bonne santé. Le diagnostic et la maladie est l’affaire de tous. On en cherche la cause à tous les niveaux : celui du malade lui-même, de son entourage puis de la communauté. On recherchera aussi du coté des ancêtres. Il n’y a pour ainsi dire pas d’auscultation et aucun interrogatoire du malade. 74 maladies environ sont reconnues comme telles. Aucun organe interne ne fait l’objet d’examen sauf quand une femme meurt en couche. Il faut alors impérativement extraire le fœtus, malgré la terreur que cela leur inspire. Une maladie ou un accident brutal à toujours une dimension socio-cosmique. Certains diagnostics vont malheureusement à l’encontre de la guérison. Si un enfant souffre de malnutrition car sevré trop rapidement à cause d’une nouvelle grossesse, on le fera vomir. Car on pense que l’enfant a été empoisonné par le lait de la maman enceinte. Le nouveau fœtus, encore à l’état d’esprit, empoisonne le lait par ses excréments. De la conception à la mort. La conception résulte de la réaction d’un esprit à l’intrusion d’une femme sur son territoire. Une parcelle de cet esprit, son « Bon gadu » veillera sur le bébé. Les conditions de l’accouchement sont influencées par des gestes symboliques : enjamber une femme enceinte « ferme le passage du bébé ». L’absorption du gombo, légume très gluant, ainsi que l’œuf et la banane, facilite l’accouchement. Certains aliments le rendront plus difficile. Si la femme goûte la soupe au dessus de la casserole, la nourriture montera à la tête de l’enfant et il aura une grosse tête (hydrocéphalie). Personne ne doit passer derrière elle pendant sa grossesse sinon l’enfant louchera. Personne ne devra la réveiller brusquement, sinon l’enfant aura des convulsions. La grossesse est considérée comme une maladie (siki) et comme une période intérimaire au dénouement indécis, important pour elle et son bébé mais aussi pour tout le corps social. Elle est donc à la fois vulnérable mais très puissante. Les relations sexuelles sont encouragées pendant la grossesse car elles sont censées alimenter le fœtus et aider l’accouchement en ouvrant le passage. Un mari qui ne s’occuperait pas bien de sa femme sera atteint de problèmes dermatologiques. Si la mère n’extériorise pas un problème, l’enfant naîtra avec le cordon autour du cou. Une maladie qui n’est pas soignée peut se transformer en maladie différente et plus grave. La mort résulte d’une transgression commise par la personne elle-même ou par un membre de sa lignée. Elle peut venir aussi d’un acte de sorcellerie d’un vivant. Un bain, après la levée du deuil autorise la reprise des rapports sexuels. Il faut aussi que les tissus rouges mis à cette occasion autour des poignets et des chevilles, tombent. Les différentes parties du corps et leurs symboliques. Opposition très nette entre le HAUT et le BAS. Le haut (tête (ede), nuque, poitrine, épaules, le dos) tient et maintient en vie la personne. Le bas (ventre et organes génitaux) accueille les futures vies, les maladies et la mort. Les « pieds-jambes » appartiennent aux deux à la fois. Opposition aussi entre DROITE et GAUCHE. La main droite mange, la main gauche essuie. Opposition également entre AVANT et ARRIERE que nous retrouverons aussi dans l’organisation des habitations. Division en trois parties essentielles : tête, souffle-du-cœur et ventre. La peau, enveloppe, distribue et reçoit les mauvaises influences de l’extérieur. La tête ou le visage (fosi). Spiritualité. Siège de l’Akaa. Parfois le siège de maladies reconnues (vertiges, convulsions, épilepsie). Le plus souvent, c’est l’Akaa qui fuit. Les yeux sont nets si l’Akaa est bon, troubles si la personne est possédée. Les yeux sont des orifices privilégiés à l’entrée et à la sortie des esprits. Un animal interdit ne doit pas être regardé, ni touché, ni avalé. La bouche est aussi un orifice très important qui conduit toute chose au ventre. La parole est très importante. Elle véhicule les bons et les mauvais échanges au sein du groupe. Elle peut aussi dissimuler pour protéger. Une femme menstruée ne pourra pas monter dans une pirogue sauf il elle le cache. « Mofu bita » (bouche amère) amène la personne à cracher souvent. Un torticolis peut être du à une chute du larynx (qui, comme le cœur et la matrice, peut « tomber de coté »). Il doit y avoir beaucoup de bouches amères à St laurent du Maroni !! Le « souffle-du-cœur ». Pensée-émotion-motivation individuelle. Le chagrin, la rancune, la colère, l’envie, la jalousie, la passion amoureuse le perturbe. La tendresse, l’affection sont bons pour lui. L’Akaa retient le cœur. Si il fuit, il le lâche et il tombe. L’auscultation, là, est importante pour savoir si il faut le remonter par des massages,, des cataplasmes, des remèdes. Il est alors tenu en place par des bandes. S’il tombe sur le ventre, il coupe l’appétit. Une charge trop lourde où un trop gros effort peut aussi le « décrocher » ! Ahhhhhhhhhh, je comprends ! Il n’y a pas que la chaleur !! Organe creux, il peut être envahi par le vent, le froid, les vers. Il peut aussi absorbé de l’eau dans sa chute. (Oppression, fatigue, asthme, douleurs gastriques…) Le « souffle-du-cœur » est au centre de l’aspect mécanique d’un symptôme (victime sans l’intervention d’un esprit) et d’un aspect socio-métaphysique qui dérange un esprit qui le punit. Le Sang. Il est la force vitale, énergétique : le Kaakti. Il est le support de la transmission héréditaire et métaphysique. Il est le lien avec les instances cosmiques. Le nouveau né doit avoir le front et les membres badigeonnés avec le sang du cordon ombilical. Le placenta devra être enterré derrière la maison pour ne pas être dévoré par les chiens, ce qui mettrait fin à la vie du nouveau né. Ce placenta est censé être un coussin pour l’enfant et une protection pour la mère contre les coups du fœtus. La belle couleur rouge du sang est très importante. Il faut toujours faciliter l’écoulement de ce sang, à toutes occasions : ouvrir les furoncles, prendre des plantes qui liquéfient le sang… Le Dos. Il représente l’autorité-pouvoir, l’appui spirituel, le soutien et la solidité. Il est très malmené par le travail à l’abattis mais aucune interprétation n’est faite en cas de douleur. Le Ventre. C’est toute la partie située sous le « souffle-du-cœur ». C’est une zone primordiale. Il n’y a pas de distinction entre la matrice et le ventre. Le ventre de l’homme ne peut recevoir que des influences destructives. Celui de la femme est porteur de toutes les implantations transformatrices. Il « doit » être plus important en volume que celui de l’homme. Est-ce un peu pour ça que je vois les femmes, ici, arborer fièrement leur gros ventre, même en dehors d’une grossesse. Il est d’ailleurs très difficile de savoir si elles sont enceintes ou non. La grossesse est désignée par « abi pinkin béé, abi bigi béé, towé béé » (avoir petit ventre,avoir un gros ventre, faire tomber le ventre= avorter). L’hystérectomie est très mal vécue. Le « ventre » est aussi le corps social de la lignée maternelle. La grossesse de l’une des femmes entraîne un renflement symbolique à un ongle d’une autre femme de la même lignée. Le ventre est habité par des « vers »(vrais vers et bactéries ?). Certains sont bons, d’autres méchants. Le gros intestin semble être un de ces « gros vers ». Le nombre utile de vers est bien précisé pour chaque individu. Ce nombre augmentent trop en cas d’alimentation mal adaptée et ils remontent alors dans les poumons et le « souffle-du –cœur ». Ils causent alors des spasmes (atteintes pulmonaires) puis des nausées (quand ils cherchent à sortir). Le « ventre » peut enfler, se déplacer (règles douloureuses), tomber et boucher les orifices inférieurs (stérilité). Il peut être ensorcelé ou possédé par un esprit qui le dévore. Le « vent » (ou « froid » ou « air ») est extrêmement important, contraire à la vie et c’est le moyen de transport des maladies divines. Malgré la fréquence des fièvres sous ce climat équatorial, le froid est beaucoup plus craint que la fièvre sur le plan symbolique. Le ventre est creux et donc très vulnérable au froid, à l’air, dont il peut se remplir, surtout quand il est vide (en dehors d’une grossesse ou quand on ne mange pas assez souvent). C’est peut-être ce qui explique pourquoi nous voyons ces femmes toujours enceintes (sans parler des allocs) et toujours en train de manger (d’où un diabète, une obésité et des maladies cardiovasculaires extrêmement fréquentes en Guyane du fait du changement d’alimentation).
Les esprits et les morts peuvent s’y installer et y semer des maladies dont la liste est très longue. « L’esprit de la termitière », une « liane entortillée » peuvent si introduire mais sans féconder. Les femmes, en prévention, s’asseyent matin et soir au dessus de bains de plantes chauds. Ces ablutions ont aussi pour buts de se débarrasser des secrétions vaginales, très mal vues des esprits et de rétrécir le vagin pour le plus grand plaisir de leur(s) partenaire(s). Le don du « pot de chambre » fait partie, comme le don du pagne, du rituel signant le passage au statut de femme. Après un accouchement, le ventre élargi par la grossesse est particulièrement vulnérable. Les accouchées ne boivent que de l’eau tiède pendant trois jours et ensuite bouillie et rafraîchie pendant trois mois. Elles ne peuvent se baigner dans le fleuve qu’au bout de trois mois et seulement le midi quand l’eau est bien chaude. Enfin, pendant huit mois, elles portent une étoffe entre les jambes pour empêcher le froid de rentrer. J’ai enfin compris la signification de cette ceinture de ficelle, à laquelle est rattaché un bout de tissu, que je voyais chez beaucoup de mes patientes. Et j’ai aussi compris pourquoi toute mobilisation des jambes en écartement était parfois très difficile à faire accepter : Elle permet au « froid » de rentrer. Les « pieds-jambes ». Ils conduisent le froid et les maladies vers le « ventre » et le « souffle-du –cœur ». On s’enduit parfois les jambes de kaolin pour les « resserrer », les « fermer ». Les pieds sont « l’autre extrémité », avec la tête, de la spiritualité, à cause de leurs contacts avec la « terre-mère ». Ils sont très souvent le siège de maladies psychosomatiques. La peau. C’est l’enveloppe qui fonctionne comme un orifice, au même titre que la bouche, l’œil, le vagin. Elle peut donc laisser entrer les maléfices et les maladies. S’asseoir sur un banc préalablement occupé par une personne malade peut entraîner des MST. Les bains de plantes sont préférés aux breuvages. Sa couleur est très importante. Sa trop grande blancheur évoque les morts, censés être blancs, Les échanges avec le milieu. Odeur, sueur, urines, selles, lait maternel, sang menstruel, sécrétions sont d’une importance capitale sur le plan mécanique, bien sûr, mais aussi sur le plan spirituel. Elles peuvent servir de médium. Les effluves d’un cadavre peuvent être mortelles pour les fossoyeurs qui ne s’en protègent pas. Toutes les excrétions et déjections peuvent « offenser » les esprits. Leur libre circulation doit être assurée sous peine de « pourriture ». La société doit se protéger de la promiscuité de ces substances, surtout de celles venant de la femme. L’arrière de la maison leur est réservé. Les femmes menstruées (pas les jeunes filles, ni les femmes ménopausées) doivent se tenir au fond du quartier ou du village. Attention aux MST si on s’asseoit sur un banc après une personne malade. Attention si on met ses sous vêtements, même lavés. Attention si on marche sur son urine. Les selles d’adultes sont les plus puissantes ; Le « sorcier » est celui qui défèque dans la maison ou sur le chemin menant à l’abattis de sa victime. Le sperme n’est porteur d’aucune maladie ou malédiction, alors que la femme, elle, est astreinte à des ablutions matin et soir. Un homme ne s’essuiera jamais avec une serviette, même lavée, qui aura servie à sa femme. Aucun ustensile de cuisine ne doit pas avoir été posé sur un banc, une chaise ou un lit où aurait pu s’asseoir une femme. La femme, le lendemain de ses règles, se recouvre de kaolin sur les épaules et le sternum pour annoncer qu’elle « est sortie de la maison de la lune ». L’abstinence sexuelle est de mise, pour les deux sexes, pour le patient et pour le soignant, toute la durée de certains soins. La nourriture et le rapport sexuel sont mis sur un même plan : « on met du sel dans la casserole, il y a du sucre sur le biscuit… ». Les deux sont très symboliques. ……………. Et actuellement, en 2009, qu’en est-il ? Dans une société en perte de ses manifestations de spiritualité positive, les rites d’affliction et les cultes anti-sorciers représentent la majorité des cérémonies. Avec une population de plus en plus urbaine, ou migrante entre la côte et les villages, la sorcellerie « bakuu » est très pratiquée. Des noirs marrons jaloux ou envieux achètent des petits bonhommes fabriqués moitié de bois, moitié de chair humaine et animé d’un fantôme pour rendre malade et tuer.. Le diagnostic intra utéro n’est pas toujours pris en compte car un esprit peut embrouiller le médecin ou l’écran. Le diabète devient de plus en plus fréquent avec l’abandon d’un régime basé sur les produits de l’abattis, de la collecte, de la chasse et de la pêche. Avant les années soixante, les adultes appréciaient peu les sucreries, sodas, chips… Quand il est diagnostiqué, il est soigné à la fois par la médecine occidentale et par les plantes traditionnelles. En cas d’hospitalisation de longue durée, les esprits sont parfois accusés de retarder les résultats d’examens et amènent parfois à arrêter les traitements. Le lit du malade est un véritable forum social d’examens de conscience et d’accusations mutuelles.
… Toute interprétation exige de la foi. Ainsi les certitudes du médecin ne le sont que pour lui. Ce qui nous est plus familier nous paraît plus vraisemblable…. Vous m’avez lu jusqu’au bout ? Bravo ! Si vous voulez en savoir plus, sachez que cet article n’est qu’un bref condensé d’un livre très riche et un peu complexe écrit par D. Vernon. 1992 « Les représentations du corps chez les noirs marrons Ndjukas du Surinam et de la Guyane française ».

jeudi 29 janvier 2009

91 - Santé... suite et Carnaval !

Juste un tout petit article pour expliquer mon absence de 15 jours...
J'ai attendu que Dominique se remette pour, à mon tour, tomber sous les assauts de la Dengue...
15 jours vraiment très très pénibles...
Bon, allez, on passe. Mon teint "rouge écrevisse" ...................................................................................s'éclaircit de jour en jour. Mon appétit revient et les kilos avec...
Elle est pas belle la vie ?
Je vais même peut-être pouvoir jouer les "touloulous" avant la fin du Carnaval !
Il faut dire que cette année, il est particulièrement long: 7 semaines !
Et voici nos deux gros "toutous": Bouba, la mère et Dalai, 5 mois, son fils. Il devient de plus en plus difficile de faire la différence entre eux... si, la couleur du collier et une petite tache blanche sur le poitrail que Bouba n'a pas !!
A bientôt...

mardi 6 janvier 2009

90 - Santé, Statistiques

Depuis plus de deux ans que nous sommes en Guyane, nous avons expérimenté plein de choses. Il y en a une à laquelle nous avions échappé. C'est la Dengue. Et bien c'est fait, Dominique, pendant 5 jours, a eu une fièvre de cheval ( entre 39° et 40° )qui le faisait grelotter malgré un tee shirt, une couverture polaire et 27° de température extérieure. Avec 9 de tension et une extrême fatigue, il ne tenait pas 5mns debout... c'était vraiment impressionnant. Bien sûr, il n'arrive toujours pas à s'alimenter, a perdu le goût et l'odorat. Il parait que c'est normal ! A cela s'ajoute des petites complications pulmonaires et cardiaques et comme si cela ne suffisait pas, cela a entraîné une hépatite. Très bon pour le régime... mais... il ne faudrait pas que cela dure trop longtemps ! Excuse moi, mon chéri...allez, le rire aide à guérir, c'est bien connu ! Il y a une épidémie sévère de dengue en Guyane en ce moment. Le paludisme est également à l'honneur . L'explication en est le début de la saison des pluies. Autour de nous, tout le monde s'inquiète. Il n'y en a jamais eu autant. Il faut dire que la démographie galopante et l'augmentation des déchets qui vont avec, surtout ici, vu le manque de civisme et d'éducation, ça n'arrange pas les choses d'année en année!
Heureusement, ce phénomène devrait se calmer dans les semaines à venir.
J'espère qu'un petit moustique ne viendra pas me piquer après avoir pomper le sang de mon chéri car ce serait à mon tour d'y passer... et je plaisanterais surement moins !!! Nous nous protégeons au maximum mais il y a toujours des petits malins !!! Mais qu'est ce qu'est la Dengue exactement ? La dengue, est une sorte de « grippe tropicale », décrite dès 1779. Les virus responsables de cette maladie sont transmis à l'homme par le moustique Aedes. Soixante à 100 millions de personnes sont infectées chaque année dans le monde, et les formes graves de la maladie, la dengue hémorragique et la dengue avec syndrome de choc, en recrudescence dans plusieurs régions intertropicales, sont responsables de plus de 20 000 morts annuelles, particulièrement chez les enfants de moins de 15 ans. Epidémiologie La dengue peut être provoquée par quatre types de virus … Elle sévit aujourd’hui dans l’ensemble de la zone intertropicale, plus particulièrement en Asie et en Amérique du Sud. Autrefois limitée à l’Asie du Sud-est (440 000 cas en Chine en 1980, 200 000 cas en Thaïlande en 1987), la dengue ne cesse de s’étendre, à l’Océan Indien, au Pacifique Sud (32 800 cas à Tahiti et Moorea, Polynésie Française, en 2001), aux Antilles françaises (2003 et 2006-2008), et surtout à l’Amérique Latine où les cas annuels rapportés ont été multipliés par 60 entre 1989 et 1993 . Une inquiétante résurgence de la dengue en Amérique Latine et dans les Caraïbes semble largement due à l’érosion des programmes d’éradication du moustique vecteur dans cette région du globe. La croissance démographique, l’urbanisation non contrôlée, l'accumulation des déchets, les catastrophes naturelles et la paupérisation sont en cause, et cette maladie a un impact économique important pour certains pays. Symptômes La dengue "classique" se manifeste brutalement après 2 à 7 jours d’incubation par l’apparition d’une forte fièvre souvent accompagnée de maux de tête, de nausées, de vomissements, de douleurs articulaires et musculaires et d’une éruption cutanée ressemblant à celle de la rougeole. Au bout de 3 à 4 jours, une brève rémission est observée, puis les symptômes s’intensifient - des hémorragies conjonctivales, des saignements de nez ou des ecchymoses pouvant survenir - avant de régresser rapidement au bout d’une semaine. La guérison s’accompagne d’une convalescence d’une quinzaine de jours. Sous cette forme, la dengue, bien que fort invalidante, n’est pas dangereuse. Sa forme hémorragique, qui représente environ 1% des cas de dengue dans le monde, est par contre extrêmement sévère : la fièvre persiste et des hémorragies multiples, notamment gastro-intestinales, cutanées et cérébrales, surviennent souvent. La guérison peut être rapide, totale et sans séquelles. Moyens de lutte Il n’existe aujourd’hui ni traitement spécifique ni vaccin pour combattre cette maladie, mais de nombreuses études multi-disciplinaires sont en cours. Les seuls moyens de lutte existants sont le contrôle des moustiques vecteurs dans les zones concernées et la protection individuelle contre les piqûres de moustiques. A l'Institut Pasteur La dengue est une maladie très étudiée à l'Institut Pasteur, plusieurs équipes y développent des thématiques complémentaires et pluridisciplinaires dans les domaines de la recherche fondamentale comme appliquée (diagnostic, thérapies, vaccinologie,...). Les objectifs de ce programme sont de proposer de nouveaux outils de diagnostic précoce de la dengue, une meilleure compréhension des mécanismes de défense de l'hôte contre le virus et la recherche de molécules anti-virales en partenariat avec treize institutions, centres de recherche et universités en Asie du Sud Est, en Europe et en Amérique Latine.
Institut Pasteur - Novembre 2008
Ah, la Guyane et ses petites bébètes..........................................
Que cela ne vous décourage pas de venir découvrir cette belle et si particulière région. Vous avez bien la grippe chez vous... et bien, c'est notre grippe à nous !
Puisque nous parlons de la santé en Guyane, voici un petit aperçu des dernières statistiques de l'INSEE sur le sujet: Globalement, le cancer tue moins qu'en métropole. L’abondance de la consommation de fruits et d’aliments à fibres semble protéger les Antillais. Le cancer de l’estomac est plus développé aux Antilles-Guyane. Il pourrait s’expliquer par la forte consommation d’aliments fumés ou mal conservés.
Chez les hommes, le tabagisme modéré rend le cancer des poumons bien moins meurtrier que dans l'Hexagone ; il est supplanté par le cancer de la prostate. Chez les femmes, les premières causes cancéreuses sont inversées : cancer du sein dominant en métropole, de l’utérus aux Antilles-Guyane. Cette opposition est un classique de l’épidémiologie dont les causes n’ont pourtant pas été tout-à-fait élucidées. L’importante surmortalité par diabète sucré, avec une prédominance féminine, peut être mise sur le compte , avec sans doute des facteurs adjacents, des facteurs génétiques et d'une modification rapide des habitudes alimentaires (consommation élevée de sucres rapides). Le diabète est toutefois moins présent en Guyane qu’aux Antilles. Les effets directs de l’alcoolisme sont plus marqués qu’en métropole, surtout pour les hommes, à travers les psychoses alcooliques induites par le rhum. Les maladies circulatoires sont, plus encore qu'en métropole, la première cause de décès. Pourtant, les affections liées notamment au tabagisme, comme les cardiopathies ischémiques sont moins fréquentes qu'en métropole.
Par contre, toutes les maladies liées à l'hypertention artérielle sont dévastatrices. Cette affection a une prévalence élevée dans toutes les population noires du continent américain. Ce phénomène n'a pas encore reçu d'explication unanimement admise. Le SIDA est la première cause de cette surmortalité, surtout en Guyane. La Guyane reste de loin le département le plus touché par le virus VIH. Depuis le début de l’épidémie, 1 074 cas de SIDA et 514 décès ont été déclarés en Guyane. Ces chiffres considérables sont pourtant probablement en deçà de la réalité car les déclarations obligatoires ne sont pas exhaustives. En 2004, le nombre annuel de nouveaux cas de SIDA déclarés était de 39 cas pour 100 000 habitants. À titre de comparaison, les régions les plus touchées de France, Ile-de-France et Provence- Alpes-Côte-d’Azur avaient des taux de 2 à 8 pour 100 000 habitants, la Guadeloupe et la Martinique avaient des taux respectifs 8 et 7 pour 100 000 habitants. La Drépanocytose est la maladie génétique la plus fréquente dans les Caraïbes. Elle affecte, en moyenne un nouveau-né sur 260. Les décès autour de la naissance sont encore relativement fréquents en Guyane, qu'ils s'agissent de morts nés ou qu'ils soient intervenus au cours de la première semaine de vie. Cette mortalité périnatale provient en partie d'un mauvais suivi de nombreuses grossesses et de conditions socio-économiques défavorables.
Parmi les populations immigrantes en situations précaires, les femmes accouchent souvent sans avoir bénéficié d'une seule visite médicale prénatale. Certaines populations des régions fluviales souffrent toujours d'isolement. Trop de femmes arrivent encore dans une structure sanitaire seulement au moment de l'accouchement.
Une surmortalité prématurée due aux accidents En 15 ans, aux Antilles-Guyane, l’espérance de vie a progressé de 3,7 ans passant de 73,4 ans en 1990 à 77,1 ans en 2005. Cependant, en Guyane, l’amélioration des conditions sanitaires et des conditions d’accès aux soins peinent à rattraper celles des Antilles. La mortalité précoce due aux accidents touche particulièrement la Guyane. C’est à la Martinique que les indicateurs de santé sont les plus proches des taux métropolitains.
Pour 12 000 Guyanais, soit environ 10 % de la population, les centres de santé sont le seul accès aux soins primaires. La situation a beaucoup évolué au cours des 20 dernières années, puisqu’en 1972 les centres concernaient encore 40 % des Guyanais.
Et puisque nous sommes dans les statistiques, voyons les résultats du dernier recensement.
Le paysage démographique guyanais est inchangé : le taux de croissance de la population reste élevé. Le nombre d’habitants est estimé à 216 000 en 2008.
Augmentation d'un tiers de son nombre d'habitants par rapport à 1999. (157 213 habitants en 1999, 20 5954 en 2006).C'est la plus élevée de France.
Record absolu pour St Laurent: 19 085 habitants en 1999, 33 707 en 2006. +77%... et encore, on ne parle pas des personnes en situation irrégulière...
Les naissances sont toujours aussi nombreuses, et le nombre de décès augmente doucement. Au premier janvier 2008, la population guyanaise est estimée à 216 000 habitants. Le taux de croissance reste le plus élevé des régions françaises. La majeure partie de cette croissance est assurée par le solde naturel (naissances – décès), et dans une proportion plus faible par le solde migratoire (entrées – sorties). En 2007, le nombre de naissances n’augmente guère : 6 386 naissances domiciliées. Par rapport à l’an passé, c’est seulement 110 naissances supplémentaires. Le taux de natalité, estimé à 30 pour mille, reste très élevé. Sa tendance est à la stabilité (cf. graphique).
47% de la population a moins de 19 ans.
Le taux de mortalité est identique à celui de l’année précédente (3,5 pour mille). Il reste le plus faible des régions françaises. Cependant, il est principalement dû à la jeunesse de la population. En effet, le taux de mortalité standardisé montre bien qu’en Guyane la mortalité est en fait plus élevé que ne le montre le taux brut de mortalité. Le taux de mortalité est identique à celui de l’année précédente (3,5 pour mille). Il reste le plus faible des régions françaises. Cependant, il est principalement dû à la jeunesse de la population. En effet, le taux de mortalité standardisé montre bien qu’en Guyane la mortalité est en fait plus élevé que ne le montre le taux brut de mortalité.
Et sur le plan économique ?
Plus de deux salariés sur cinq sont dans la sphère publique, alors qu’en France métropolitaine, elle n’en occupe qu’un sur cinq. En termes de rémunération, c’est la sphère publique qui contribue le plus à l’activité économique puisqu’elle verse la moitié de la masse salariale : deux fois et demi celle observée au niveau de l’ensemble de la France (49% contre 21%). La moindre importance de la sphère productive est une spécificité domienne à laquelle n’échappe pas la Guyane. Avec 8 100 emplois, la sphère productive reste loin derrière la sphère résidentielle. La sphère productive emploie un salarié sur cinq, soit deux fois moins que la moyenne nationale. Cependant, ce taux cache de fortes disparités. Un tiers de la sphère productive guyanaise à Kourou. Si la sphère productive ne pèse que le cinquième de l’emploi et des rémunérations en Guyane, elle est inégalement répartie dans les zones d’emploi. La zone de Kourou alimente un réseau de sous-traitants dans le spatial. Avec 37% des emplois et 47% de la masse salariale, la sphère productive est le premier secteur économique de la zone. Outre l’industrie spatiale, la fabrication d’équipements d’aide à la navigation ou l’analyse, les essais et inspections techniques caractérisent cette zone.
Le tourisme ne stimule pas la sphère résidentielle comme dans les autres Dom, ce qui place la Guyane à la dernière place des régions françaises pour la contribution de cette sphère à l’économie.
Regroupant la majorité des emplois salariés, la zone d’emploi de Cayenne est la plus grande de Guyane. Deux salariés sur trois de la sphère productive guyanaise y travaillent. Mais son poids par rapport aux autres sphères ne représente que 18% de l’emploi de la zone. Cayenne, avec 60%, Matoury et Rémire-Montjoly se partagent plus de 90% de l’emploi. La zone d’emploi de Cayenne est spécialisée dans la manutention, le commerce de gros alimentaire spécialisé, le commerce de gros d'équipement industriel, les télécommunications, la production d'électricité. Elle abrite également la grande majorité des sièges d’entreprise et des activités comptables associées. Si la majeure partie de l’activité d’extraction aurifère se trouve dans la région de Saint-Laurent, il existe de nombreuses sociétés d’extraction ayant un établissement à Cayenne, Matoury et Rémire-Montjoly. Enfin, dans la zone d’emploi de moindre densité économique de Saint-Laurent, la sphère productive est largement sous-représentée. La part des emplois et des rémunérations n’y dépasse pas, respectivement, 12% et 10%. En raison de sa situation géographique, elle s’est naturellement spécialisée dans l’extraction aurifère, la production de rhum et le transport fluvial.Un tiers de la sphère productive guyanaise à Kourou.
La sphère publique englobe les emplois de la fonction publique d’État, territoriale et hospitalière. Avec 49% des emplois publics, la fonction publique d’État est mieux représentée en Guyane qu’en France métropolitaine (42%) au détriment de la fonction publique hospitalière (13% des emplois publics contre 22% en France métropolitaine).
La fonction publique y concentre deux emplois sur trois et les trois-quarts de la masse salariale. Dans la commune de Saint-Laurent, la mairie, le centre hospitalier Ouest Guyane et les écoles secondaires et primaires, assurent les deux tiers des emplois publics de la zone, soit près de 2 000 emplois.
Voilà pour ces quelques chiffres... à bientôt...

Sur le marché de St Laurent.

Quand trouver tel ou tel produit frais sur le marché ?
Consulter l'article "Le marché de St Laurent" dans la colonne de droite.
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