http://docler.blogspot.com/2008/08/80-de-st-laurent-apatou.html

Arrivés en septembre 2006 à St Laurent du Maroni, j'aimerais vous faire connaître et vous donner envie de venir visiter cette région si particulière et si attachante.



Pour tout vous avouer, je n'en ai encore jamais vu... J'aimerais pourtant bien.
^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^Enfin, notre météo... La Guyane n'est plus la Guyane !!

Voir l'article sur la ZIC = Zone intertropicale de convergence. Article 85b ou cliquez sur Météo dans les "libellés".
Bonne semaine à tous.
Saintila, notre femme de ménage, haïtienne, me demande de l'aider à faire des faire-parts pour sa soirée d'anniversaire à laquelle elle veut inviter ses employeurs, tous blancs et créoles.
Nous nous retrouvons donc un dimanche en fin d'après midi, devant l'ordinateur, pour les faire ensemble.
L'année dernière, déjà, elle avait fait une fête où nous étions invités et cela ne s'était pas très bien passé car les haïtiens, quand ils font une fête, commencent à la préparer quand les invités arrivent. Les femmes préparent et les hommes boivent. Ce qui fait que le repas ne commence pas avant minuit et qu'à cette heure là, la plus part sont déjà bien saouls. De plus, nous, nous travaillions le lendemain matin. Donc, après avoir attendu deux heures et bu un apéro, nous étions rentrés au moment où les pattes de poulet commençaient à cuire dans d' immenses gamelles...
Bref, cette année, Saintila a décidé d'inviter d'un coté les métros et de l'autre ses amis. Et elle me demande de l'aider à préparer la paella ( Elle en a mangé une fois dans sa vie et aimerait en refaire une.) et aussi à organiser la soirée car elle connaît mal nos habitudes.
Nous apprécions beaucoup Saintila et c'est avec plaisir que je lui dis oui. Donc, samedi matin, nous faisons ensemble les courses . Comme nous ne savons vraiment pas quoi lui offrir, en fait, nous prenons une partie des achats à notre charge, ce qui lui fait très plaisir.
Samedi après midi, je vais chez elle pendant deux heures pour préparer la paella. Deux heures un peu pénibles. La cuisine est sale, mal ventilée. Nous cuisinons dans une nuée de mouches. Il faut une heure pour dénicher dans un coin un couteau de cuisine, du sel ou du poivre.
-"Je les cache car autrement, dès que je sors, au retour, je ne trouve plus rien..." !
Ça crie de tous les bords, ça rentre et ça sort comme dans un moulin, de la famille, des voisins, des copains aux enfants, aux petits enfants... quel bazar ! Je lui demande si c'est toujours comme ça. Elle me répond: "J'aime tellement quand je suis toute seule à la maison !" Mais elle héberge ses deux derniers enfants avec leurs conjoints et leurs enfants. Les 6 autres, heureusement pour elle, sont autonomes !
Bizzare, une autre grande gamelle est pleine de cuisses de poulet mariné. ???
A 18h30, j'ai fini et je rentre à la maison retrouver le calme avec soulagement. Saintila me demande d'arriver à 8h pour accueillir les gens car elle ne sera peut-être pas revenue de la messe !! Là, je proteste et elle me rassure en me disant qu'elle laissera quelqu'un à la maison.
Oh là là, ça commence mal, tout ça.
Nous y retournons à 8h20. Il n'y a personne. Rien n'est installé. Sa fille, son fils et sa belle fille, que j'avais vu assis devant la télé cette après midi, commence tout juste à sortir des tables, aller chercher des chaises chez les voisins, accrocher des ballons et installer une bâche en cas de pluie. J'apprends alors que c'est aussi la fête d'anniversaire du fils et qu'il y aura tous les voisins, amis et copains des enfants, tous haïtiens ou bushinengués. Mais ils ont ordre de ne mettre la musique à fond que lorsque nous aurons fini de dîner !!
En fait, nous sommes les "emmerd..." !
Je vois le scénario de l'année dernière recommencer.
Saintila arrive et demande à Dominique d'aller avec elle chercher des bancs à mon cabinet de kiné. Elle a l'autorisation de Benoit qui ne viendra d'ailleurs pas car il a un match de rugby !
Dominique repart donc et je me retrouve seule blanche dans la maison. Personne ne m'adresse la parole. Ils parlent pourtant bien le français. Ce n'est pas de l'hostilité. Une indifférence ou une timidité par rapport à mon statut de "employeur blanc" ???
Dominique revient. Nous nous asseyons à la première table, "réservée aux "blancs". Petit à petit, les invités "noirs" arrivent. Un rapide "Bonjour." et ils s'entassent sur la deuxième table. Nous restons seuls, tous les deux, à cette table jusqu'à 22h !
Trop, c'est trop ! Nous interceptons Saintila qui courre dans tous les sens et nous lui annonçons que nous allons partir, que ce n'est pas possible pour nous de rester ainsi à squatter une grande table à nous tout seul dans l'indifférence générale. Aucun des 12 autres blancs et créoles invités ne sont venus !! Comment avait-elle communiqué ces invitations ? Je l'imagine bien dire à tout le monde: "Je fais une fête pour mon anniversaire, venez si vous voulez, quand vous voulez, faites comme vous pouvez..."
Vu le fiasco de l'année passée, personne n'a voulu revenir !
Malheureusement, je crois que cela à gâché toute sa soirée car elle pleurait de nous voir partir..."Avec tout ce que tu as préparé !, Attendez, ne partez pas, Emportez un peu de paella, alors..."
Non, vraiment, ce n'était pas possible, nous nous sentions vraiment trop malvenus.
Deux mondes trop différents !
Le groupe des Pirates...
Les "Belles du Maroni"... sans leurs soutien-gorges habituels...
Ces défilés sont l'occasion de rencontrer les amis et de grignoter des trucs pas toujours à notre goût. Mais il faut bien essayer. Ce soir, c'était des "feuilletés aux crevettes"; pâte soufflée avec quelques minuscules crevettes séchées et hypersalées. Nous avons aussi ramené des "marinades à la morue"; genre d'acras.
D'autres photos du carnaval St Laurentais dans mon article de février 2008:
http://docler.blogspot.com/2008/02/66-carnaval-carnaval-et-encore-carnaval.html A très bientôt pour le final de cet évènement... si important pour les Guyanais.
J’ai donc pensé que c’était l’occasion de vous parler du « Mariage », tel qu’il est organisé chez les Ndjukas, très nombreux autour de St Laurent du Maroni et de Mana.
Les Ndjukas sont des descendants d’esclaves africains qui ont fui l’esclavagisme au XVII° et XVIII° siècles. Ils sont ainsi dénommés aussi « Noirs marrons » (le maronnage étant la fuite). Ils viennent surtout du Surinam et se sont installés le long du fleuve Maroni.
La société Ndjuka est basée sur la « matrilinéarité » (filiation à base maternelle).
Tout « mariage (libi anga = vivre avec) commence par de longues tractations entre les femmes des deux familles des deux « protagonistes ». Il s’ensuit également des libations aux ancêtres et aux "esprits".
La jeune fille aura auparavant reçu le « don du pagne », quand sa mère (celle qui l’a faite ou celle qui l’a élevée) l’aura jugée prête à procréer, quelque soit son âge.
Les mariages forcés n’existent pas mais ils peuvent être « arrangés ».
Le contrat de mariage:
- Pour le mari :
Défricher une zone de forêt pour que la femme puisse cultiver son manioc et d’autres choses. Chasser et pêcher pour nourrir sa famille. Fabriquer une pirogue. Fabriquer la literie, une batterie de cuisine. Les hamacs sont moins utilisés que chez les amérindiens. Assurer à son épouse: « le sel, le savon et l’huile pour la lampe ». L’ « honorer » régulièrement. la fréquence n’est pas précisée ! Il n’a pas le droit de divorcer en dehors d’une faute avérée de son épouse. A part cela, il est totalement libre de sa vie personnelle : maîtresses, aventures, voyages… - Pour la femme :
Fidélité à l’époux. Elle pourra sinon être battue ainsi que son amant par son mari et ses frères.
Assure les taches domestiques.
Soumission au mari pour toute activité extérieure.
Elle peut à tout moment , si elle s’estime négligée ou opprimée, rejeter son mari. Ce rejet lui rendra très difficile de trouver une nouvelle femme. Cette difficulté rejaillira également sur les frères de son mari.
La femme ne peut pas vendre elle-même un produit de son « abattis » ou de sa pratique artisanale.
Les femmes disent volontiers qu’elles portent leur « trésor » entre leurs jambes. (Maintenant, elles parlent de leur « compte en banque").
Toutes ses règles sont garanties par les parents, oncles et frères.
La polygamie est tout à fait reconnue et même semble « obligatoire » pour beaucoup.
Pour avoir une deuxième et même une troisième femme, l’homme devra prendre les mêmes engagements qu’avec la première. Il devra aussi avoir l’autorisation de sa première femme qui saluera la nouvelle venue par un « gi odi » (donner le bonjour).
Autant dire que la vigueur physique et sexuelle de l’homme risque d’être mise à rude épreuve… si il respecte ses engagements. Mais quel honneur aussi !
Alors, de plus en plus souvent, à cause des familles dispersées qui ne peuvent plus contrôler, ils prennent plutôt des « maitresses ».
Le mariage ne scelle aucune propriété commune. Ceci rend la séparation beaucoup plus simple !
En cas de grossesse avant mariage, les femmes des deux familles palabrent longtemps et l’homme aura trois mois après l’accouchement pour décider de se marier ou pas.
Une personne mariée a bien meilleure réputation qu’un ou une célibataire.
Le lien du mariage ndjuka, dûment agréé par les familles n’est jamais pris à la légère.
Grande parenthèse.................
Nous étions partis en métropole.
Notre séjour fut formidable: famille, amis, soleil, bain de mer à 15° ! (ouf, je ne suis pas perdue pour la Bretagne ! ), fraîcheur, repas gastronomiques...
Nous voici revenus "chez nous". Avec plaisir, ma foi.
Pour le moment, nous reprenons notre train train quotidien mais promis, bientôt, nous repartons en balade.
En attendant, voici un peu d'actualité quotidienne Guyanaise rigolote, pas rigolote du tout ou insolite...






Une petite anecdote due à la diversité linguistique.
En tant que trésorière de l'association qui gère les entrées de la piscine voisine, je reçois les demandes d'inscription.
L'autre jour, une dame me téléphone pour me demander: "Pourrais je m'inscrire pour me laver ?" Très surprise et ne comprenant pas du tout, je lui demande de me répéter: " oui, pour me laver, c'est bien vous que je dois contacter ?" Je finis par comprendre qu'elle voulait dire " se baigner". Je pense que cette dame était créole et que, pour eux, cela se dit comme ça. J'avoue que j'ai bien ri.
Autre curiosité créole:
Qu'est ce que c'est d'après vous? Une bougie ? Pas du tout !
C'est une "chandelle molle": ça s'achète 80 cts chez le chinois du coin et cela s'utilise en friction contre toutes les douleurs et parfois, mélangée avec du camphre. A l'odeur, on dirait vraiment de la bougie ou de la glycérine mais c'est effectivement beaucoup plus mou qu'une bougie ordinaire. J'essayerai à la première occasion..
A très bientôt..............
Samedi 22 mars 2008.
Nous nous y sommes pris trop tard pour passer le We au camp Cariacou. Il n'y a plus de place. Nous décidons donc d'en profiter pour aller acheter un sèche linge à Cayenne car c'est impossible d'en trouver sur St Laurent. Et nous en profiterons pour passer la soirée au "Paris Cayenne", restaurant réputé comme étant le meilleur de Guyane.
C'est effectivement très bon et le bon vin, le service et le cadre nous font totalement oublier que nous sommes en Guyane.
Avant de rentrer chez nous, nous allons découvrir la plage de Montabo. Malheureusement, il ne fait pas très beau mais la température est très douce et je trouve cette ambiance "marine" bien agréable.

Dimanche 23 mars 2008.
Le palmier "Awara":
Ses fruits:
... et on y va...
On écrase les fruits puis on les malaxe pour en extraire le jus...
On y ajoute toutes sortes d'ingrédients... chaque cuisinière a "sa" recette. Poisson boucané...
crevettes... crabe de vase parfois...
...salaisons en tout genre... queues de porc surtout...
poulet, boucané ou non...

poissons,
Et on fait cuire tout ça une semaine, du matin au soir...

Pour la recette en détail, vous pouvez aller sur:
http://www.97320.com/Le-bouillon-d-awaras_a244.html
Après dégustation... il s'avère que Dominique ne raffole pas du tout et moi, j'aime bien mais je n'en ferais pas des folies. En tout cas, nous sommes ravis d'y avoir goûté. merci beaucoup à Jocelyn.
Lundi 24 mars 2008.
C'est le printemps. C'est la vie !
En même temps que notre famille s'aggrandit d'un petit Augustin, notre quatrième petit neveu, l'oisillon dont nous suivions les premiers moments de vie, est tombé de son nid.

Ses parents ont passé la matinée à le rechercher et à le nourrir là où il était.
Puis il a pris son envol..............................
Tous nos voeux de bonheur à Augustin.............................