Le début de notre séjour en Guyane se trouve à l'adresse:
http://leroux.over-blog.net/

Et ce blog ayant atteint sa capacité maximum de stockage, la suite de notre "aventure" se trouve sur:
http://docler2.blogspot.com/

.............Et en bonus, les pays que nous avons visité
en Amérique du Sud.
2008. Le Chili:
http://lerouxchili.blogspot.com/
2010. Le Pérou:
http://lerouxauperou.blogspot.com/


lundi 25 août 2008

81 - Marais de Kaw. Guyane française. Cabiaï. Atipa

Aujourd'hui, je vous emmène visiter les Marais de Kaw.
Cette grande réserve française est la deuxième par sa taille ( 94700 ha ) après celle des Nouragues, située également en Guyane.
Nous allons avec un couple d'amis St Laurentais et D. de Kourou.
Vendredi, après notre dure semaine de labeur, nous prenons la route vers Kourou où nous passons la soirée et la nuit chez D. et P. C'est toujours avec un grand plaisir que nous les retrouvons. P. ne pourra malheureusement pas nous accompagner.
Samedi matin, 6h, tout le monde sur le pont. Nous devons rejoindre le débarcadère de Kaw pour 9h. Cayenne, Roura, Fourgassié... la route est très belle, très boisée mais très étroite et très sinueuse. Nous mettrons 2h pour faire ces 130kms.
Voici notre journée, en image bien sûr. Je ne pourrai malheureusement pas vous faire partager les odeurs, les bruits, l'ambiance... Le chant des oiseaux, des insectes, les cris des singes hurleurs vont nous accompagner tout au long de notre balade.

Et nous voilà partis... Nous sommes 10, 8 Guyanais et 2 vacanciers en visite dans de la famille à St Laurent.
Nous passons devant un élevage de zébus. Le niveau de l'eau étant assez bas à cette saison, nous voyons bien les zébus en train de paître dans les "savanes flottantes". A la saison des pluies, seuls leurs bosses et leur têtes émergent. Le "moucou-moucou" règne en maître. Cette plante, toujours présente là où il y a de l'eau est un véritable rempart végétal, de la famille des aracées. Les tiges, fibreuses ont été utilisées au 19° siècle comme pâte à papier. D'autres les utilisaient pour soigner le diabète. Elles protègent également contre les morsures de serpents. Leur fruit, qui ressemblent un peu à un ananas, est comestible. Pas terrible au dire de certains ! Après quelques minutes de navigation sur la rivière de Kaw. Fred nous arrête afin d'observer les "grandes aigrettes blanches", majestueuses. ... suivies de très près par les "grandes aigrettes toutes grises". De temps en temps, nous découvrons les carbets flottants des "voyagistes", qui permettent de passer la nuit sur le marais. Certains semblent en bien mauvais état, d'autres sont plus spacieux.
Des " anhingas noirs" semblables aux cormorans bretons s'envolent à notre passage.
Beaucoup d'oiseaux nous accompagnent toute la matinée...
Buse "urubu"... Le Tangara à bec d'argent.

Les Jacanas... Les adorables petites "moucherolles à tête blanche" Certains de ces oiseaux, très nombreux ici, les "cassiques", font des drôles de nids en forme de chaussettes, suspendues aux arbres. Ils vivent en colonies et sont des chanteurs imitateurs très doués. Les arbres ont des formes très originales.

L'eau grouille de vie. Des poissons sautent sans arrêt devant nous:

L'Atipa.

Poisson étonnant de 19cm vivant dans les marais côtiers.

Il semble rescapé de la préhistoire avec son corps recouvert de plaques osseuses. Quand il n'y a plus assez d'eau, il s'enfonce dans la boue et respire avec un système annexe. Son "nid" est fait de brindilles et il fabrique des bulles d'air pour en assure la flottaison . C'est le mâle qui va garder le nid jusqu'à éclosion.

L'atipa est également capable de "marcher" sur la terre ferme en se servant de sa nageoire ventrale.

Le Piraï où Piranha qui a très mauvaise réputation à cause de ses dents incisives et efficaces. Il n'est en fait pas dangereux du tout sauf pour les pêcheurs maladroits...

... Anguilles électriques, Poissons hachettes... Que de noms sympathiques !

Mais aussi, papillons et libellules de toutes les couleurs.

L'oeil exercé de Francis, notre deuxième guide de "Tig Di Lo",nous permet d'observer un bébé caïman venu se chauffer au soleil.
Nous changeons d'embarcation. Nous avons maintenant des petits canoës à moteur électrique de 2cv. Nous glissons sur la crique Wapou, sans bruit et... sans fatigue.
Nous retrouvons maintenant une végétation qui nous est plus familière.
Nous laissons nos canoës une heure plus tard et débarquons au milieu de la forêt Amazonienne.
Après 30 mns de marche, nous découvrons un carbet de fortune près à nous recevoir pour le déjeuner. Le site est superbe, baigné par une petite crique à l'eau très claire où nous nous baignons avec délice. L'eau est très fraîche et des petits poissons viennent nous chatouiller.
Je réussi enfin à prendre en photo un papillon morpho. Malheureusement, il est posé et nous ne voyons qu'une très très petite partie de son bleu métallique si beau quand il vole.
Nous ramassons de très belle fleur de "Clusia grandiflora" dont le suc central sent très bon.
Francis nous fait faire connaissance avec un locataire du carbet: un scorpion. Comme vous le voyez, il n'est pas agressif puisqu'il le prend dans sa main sans problème.
Au menu: Apéro, Salade couac, Poulet boucané, Salade verte, Riz, Banane flambée. Que désirez de plus !
Le retour nous offrira, sans conteste, le meilleur moment de la journée:
Un Cabiaï.
Nous n'en avions encore jamais vu dans leur milieu naturel.
C'est le plus gros rongeur du globe. Il peut peser 60 kg. Il s'aménage une litière dans les herbes hautes des savanes humides et vit en groupe.
Nous restons l'admirer un bon moment. Il se laisse photographier, tel une star ! Avant de reaprtir vers les siens.
Moment magique !
Nous rentrons au débarcadère vers 18h. le soleil se couche. les lumières sur le marais sont magnifiques. Quelle belle journée !

Nous rejoignons le camp Patawa où nous passons la soirée et la nuit, bercée ( Dominique dit plutôt dérangé! ) par les hurlements des "Babounes = Singes hurleurs". Moi, j'adore ça et cette nuit, nous avons été particulièrement gâtés !!

La matinée du dimanche nous donnera l'occasion de faire une marche ( 1h15 A/R ) vers de magnifiques cascades à l'eau très claire et très fraîche, comme je l'aime.

Nous n'y resterons pas longtemps car les taons, nombreux à cette saison, nous importunent vraiment. Une petite halte sur la route du retour au camp Caïman, très sympathique, avant de s'arrêter à Roura, au restaurent Créola pour déjeuner. Et nous nous séparons là... Nous déposons D. à Kourou au passage et sommes à la maison pour 18h30. Juste avant la nuit, super ! Que j'aime les WE comme celui-là !

dimanche 17 août 2008

80- De St Laurent du Maroni à Apatou...

Ce dimanche 16 août 2008, un petit coup de fil pour nous proposer d'aller avec eux à la fête d'Apatou.
Apatou est un village situé à deux heures de pirogue de St Laurent (plutôt trois quand on prend le taxi-pirogue, à cause des arrêts). Le fleuve Maroni étant la seule voie d'accès possible. Nous y avions été avec un petit tour operator lors de notre arrivée en Guyane en septembre 2006.
Mais il est déjà 11h30. Cela risque d'être un peu court...
-"Mais il n'est pas question d'y aller en pirogue. On prend les 4X4 ! Il parait qu'il y en a pour 40mns! Ils autorisent le passage, exceptionnellement pour la fête."
Il existe effectivement une route en construction destinée à rejoindre Apatou en passant par tous les villages de la berge du Maroni. Chantier "pharaonique". L'année dernière, nous avions exploré cette nouvelle route qui se terminait alors, après 30 mns environ, par un simple layon en forêt. Depuis les travaux ont avancé et il parait que l'on peut accéder à Apatou... Il y aurait maintenant un pont pour traverser la crique "Sparouine"...
Voici le tracé de cette route qui n'est pas encore en service... (en bleu sur la carte).
Alors, allons-y ! Chacun prend son 4X4. C'est plus prudent en cas de problème !
Voici notre journée en image:
Les premiers kilomètres se passent sans surprise...
Si ! Nous roulons dans des nuages de papillons blancs qui traversent la route. Ils sont des milliers, des milliers... On dirait qu'il neige ! C'est impressionnant mais impossible à photographier. Ce sont des "piérides" qui éclosent, comme tous les ans à cette période. Mais il parait que cette année, le phénomène est particulièrement démesuré. Je vous en parlais déjà dans ce blog cette semaine car même en ville, c'est spectaculaire.
Imaginez des milliers, je devrais dire des milliards de ces papillons traversant la route sur des kms ! Féérique !
Une fois passé le pont de la crique "Serpent", il n'y a plus de revêtement, c'est de la piste.
Certains passages sont un peu difficiles...
Passage de pont en bois à moitié démoli...
Le pont qui doit enjamber la crique "Sparouine" n'est pas terminé et nous devons prendre le pont provisoire du chantier, difficile à atteindre...
... et périlleux à traverser...
Nous arrivons à Apatou 1heure15 environ plus tard... Ils font vraiment très fort si ils mettent 40 mns, les locaux !
De la fête, il ne reste rien. Nous devrions le savoir, en Guyane, la fête se déroule de nuit. Celle ci a commencé vendredi et se terminera lundi à l'aube. Danses traditionnelles bushinengé, amérindiennes, créoles, concerts en tous genres, élections de Miss, restauration toute la nuit.
Dans la journée, tout le monde dort. Impossible de trouver la moindre baraque à frites pour se restaurer. En plus, ce midi, c'était "grand pique nique" sur une île du Maroni ! A droite sur la photo. Nous n'osons pas prendre la pirogue. A quelle heure, pourrons nous en revenir ?
Dans le village, tous les hamacs sont occupés, dans et sous les maisons à pilotis, accrochés aux arbres... Il y en a partout. Les "rastas" dorment à même le sol devant leur étalages de babioles à vendre.
Il faut récupérer car ce soir, vers 20h, la fête recommence pour une dernière "nuit de folie" !
On fini quand même par dénicher un petit "fast food". Deux villageoises peuvent nous servir que de la boisson et trois poulets-frites et deux "lumpias-frites". Ce sera parfait. Nous avons très faim et surtout très soif car il fait une chaleur torride !
Après avoir chercher vainement une autre baraque où prendre un café ou une glace, nous reprenons la route vers 15h30. Il fait vraiment trop chaud pour rester flâner ... Re- cascades au niveau de la "Sparouine"! Un habitué nous ayant conseillé ce passage là ! Dominique y prend goût ! Moi, je préfère photographier, c'est moins dangereux !
J. connaît un petit bistrot et nous promet une boisson fraîche dans un petit village après la crique Sparouine...

La aussi, c'est fermé ! Heureusement, j'avais emmené de l'eau glacée, du chadek (gros pamplemousse très rafraîchissant) et des gâteaux secs. Nous nous restaurons et rentrons à St Laurent.

Belle expédition qui nous a donné un goût d'aventuriers et de pionniers. Dans quelques années, Apatou et St Laurent seront reliées par une belle route d'une quarantaine de kms.

Que deviendront les piroguiers ?

Que deviendra ce petit bourg, pour le moment, bien préservé de tous les inconvénients de la "ville" ?????

Sur le marché de St Laurent.

Quand trouver tel ou tel produit frais sur le marché ?
Consulter l'article "Le marché de St Laurent" dans la colonne de droite.
Vous pouvez aussi voir toutes les photos "gastronomiques" avec leurs légendes sur:
http://picasaweb.google.com/cdleroux/GastronomieEnGuyane#