Nous suivons l'étroit chenal, long de 8 miles, qui conduit aux Îles. C’est la seule partie du littoral navigable à tout moment grâce à une dragueuse qui maintient une profondeur d'eau de 1m50 à 3m. Nous apprenons qu'il est donc impossible de longer les côtes de la Guyane à moins de 10 miles des côtes. Impressionnant!
La mer commence à perdre sa couleur chocolat à l’approche de l’Île St Joseph, la première en vue. Nous apercevons les maisons des légionnaires qui gardent l'île.
Puis nous longeons le port de l'île Royale dans lequel nous accosterons tout à l'heure.
Nous en faisons le tour pour nous diriger vers l’Île du Diable, très difficile d'accès, où il est interdit de débarquer.
Cette île, la plus petite, 14ha, fut d’abord lieu de quarantaine, puis léproserie, puis elle accueillit les déportés politiques ( A.Dreyfus est accusé d'avoir livré à l'Allemagne des secrets militaires. Il sera réhabilité en 1906.) et les anarchistes. Elle fut relié à l’île Royale par un câble pour en assurer le ravitaillement
Nous apercevons la maison où Alfred Dreyfus a passé une bonne partie de sa détention sous la garde de plusieurs gardiens qui n’avaient pas le droit de lui parler.
Nous débarquons ensuite sur Royale. Cette île, la plus grande, 28ha, et d’accès facile grâce à un port bien abrité, permettait la réception, l’acclimatation et la répartition des bagnards.
Ce qui nous frappe tout d’abord, c’est la propreté des lieux, l’abondance des cocotiers et … le délicieux mélange, pour les Bretons que nous sommes, de la mer et de la terre…
Nous commençons l’ascension vers le plateau pour rejoindre l’auberge, magnifiquement restaurée, comme le reste de l’île, par le Centre Spatial Guyanais qui en assure maintenant l’entretien. Cette auberge était autrefois la caserne de l’infanterie de Marine.
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La chapelle est de même type que les églises guyanaises. Le célèbre faussaire Lagrange, dit "Flag", en décora l'intérieur de scènes religieuses interprétées à sa façon et incluant des pensionnaires de l'île.
L’hôpital militaire, le dispensaire des bagnards: Certains bagnards se mutilaient, s'incubaient des maladies pour bénéficier d'un régime un peu plus favorable... au risque de se voir punir si leur supercherie était découverte.
La porcherie, la ferronnerie, la boulangerie, la maison des sœurs qui se sont occupées des malades jusqu'à la séparation de l'Eglise et de l'Etat..
Les « blocs » de la transportation où les hommes étaient couchés et attachés sur des « bas flancs » en bois, les cellules disciplinaires. Beaucoup de grafitis prouvent le désoeuvrement de ces hommes mais aussi leur espoir, leur folie, leur solitude.
L’asile d’aliénés, le quartier des surveillants, les logements des gardiens, la maison du Directeur qui est maintenant le petit musée du Bagne. Les conditions atroces dans lesquelles vivaient ces bagnards expliquent bien le fort taux de mortalité.
Les "Fers", l'Enfer....................................................................
Retour au présent ; Un bon déjeuner nous attend à l’auberge.
Poisson à la tahitienne ou Soupe de poisson,
Filet d’acoupa grillé ou gigot en sauce,
Crème caramel ou Salade de fruit frais.
Et quelle vue ! Et oui, c’est bien un Ara sur le muret de la salle !
Cela est d'ailleurs tellement souvent arrivé que tous ceux qui étaient autour des maisons de gardiens ont été coupés. Ces maisons, rénovées pour les touristes de passage ne sont malheureusement plus protégées du soleil. Il y règne, à cette période de l’année, une chaleur étouffante. Cela nous rappelle, qu'à l'époque des bagnards, il n'y avait presque pas de végétation sur l'île et que la chaleur devait être vraiment dure à supporter.
Au premier plan de cette photo, devant les maisons des gardiens, nous voyons une grande fosse de 4m de profondeur. C’était tout d’abord une carrière d’où les bagnards extrayaient les cailloux nécessaires aux constructions. Cela s’est ensuite transformé en réserve d’eau. Mais envahie par les grenouilles, les autorités y ont importé deux caïmans. Sont-ils toujours là ? Il parait que oui, cachés sous la végétation. Nous ne les avons pas vus.
Guillaume Seznec, vous connaissez? Il fut accusé en 1923 d'avoir assassiné son ami et associé Pierre Quémeneur. Son petit fils se bat toujours pour sa réhabilitation. Voici la maison qu'il occupait. Il était responsable du sémaphore de l'île et communiquait avec la pointe des Roches, à Kourou.
La même maison il y a une quarantaine d'années avant la restauration.
Nous profitons du départ des touristes « à la journée » pour jouir de la mer bleue en toute tranquillité. Il n’y a qu’un seul endroit possible pour se baigner : c’est l’anse « LE GOFF ». Juste à coté, il y a aussi la piscine des bagnards, protégée de la houle par des gros blocs de pierre qu’ils ont transportés là pour pouvoir se rafraîchir en toute circonstance.
Clin d’œil à Pierrick et Maryvonne… vous ne devez pas manquer de venir voir ça avec un nom pareil !
Quel Bonheur de se baigner dans l’atlantique, à 28°, dans de l’eau claire…. OUAH, SUPER !!
De nombreux bougainvilliers et autres fleurs, de toutes les couleurs, décorent les sentiers.
Le retour vers le plateau de l’île, en fin d’après midi, nous offre le spectacle de tous les animaux importés sur l’île.
Le plus beau, sans équivalence, est le Toucan. Il semble peint à la main par un artiste de talent !
Je ne me lasse pas de l'admirer.
Les singes, en liberté, jouent à cache-cache.
Deux couples d'Amazones nous surprennent par leurs cris stridents.

Les agoutis, sortes de lapins sans grandes oreilles ( Non, ce ne sont pas des rats, Marie France! ) sortent en grand nombre profiter de la fraîcheur toute relative de ce début de soirée. Nous terminerons cette journée « magique » par un magnifique couché de soleil sur l’océan, avant de regagner notre auberge.
Dîner : Quiche de poireaux, Colombo de poule ( un peu dure, la poule !)
Glace vanille ou tarte aux pommes.
Bonne nuit, à demain.
2 commentaires:
Ton commentaire "Iles du Salut : enfer ou petit paradis" me fait penser à ma première reflexion, lorsque je les ai découvertes dans les années 80 !
Je me suis dit : "c'était ça le bagne ? On dirait le club med ...".
Et depuis les restaurations se sont amplifiées !
Oui, la Guyane est vraiment une terre de contrastes et c'est ce qui fait qu'on l'aime ou qu'on la déteste.
Nous, on aime !
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