J'utilise ce titre car pour nous, il s'agit vraiment d'une deuxième expérience de vie en Guyane. La première partie ayant consisté en découvertes successives, en apprentissage et adaptation diverses. Nous sommes maintenant "St Laurentais". Et j'appréhendais un peu ce premier aller-retour en métropole.
Voici mes impressions lors de notre "retour à la maison".
Nous voilà revenus après 17 jours en métropole, 5 à Paris, le reste en Bretagne.
Revoir les enfants et les petits enfants a été un vrai bonheur. Louis a bien changé entre ses 10 et 17 mois. Je ne résiste pas à l'envie de mettre ici une photo de tout notre petit monde réuni.
Il ne manque que Louis qui était à la sieste et il aura donc le droit à une photo pour lui tout seul !
En nous réveillant à Trévenaste le lundi matin, nous avions l’impression incroyable de n’avoir quitté la maison que quelques jours auparavant, comme si les 7 mois passés à St Laurent n’avaient pas existé. Il faut dire que Emilienne et ses enfants s’occupent formidablement bien de la maison et du jardin.
Nous avons donc retrouvé la famille et les amis comme si nous les avions juste quittés pour de simples vacances (Grâce à Internet, je pense). La joie des retrouvailles et des « victuailles » avec tout le monde est vraiment bien réelle. Merci à tous pour votre amitié.
Fruits de mer à gogo, cochonnailles, galettes, côtes de bœuf, fraises, pâtisseries…. Un ou deux kilos de plus au passage.
...Et à la fois, la sensation d’être vraiment seulement de passage : Je viens de prendre conscience que je n’ai pas défait complètement ma valise. J’ai plus pensé à ce qu’il fallait que je ramène avec moi…Je crois que je n’ai pas vraiment réussi à me « poser ».
Aucun regret pour repartir… et pourtant…
A l’arrivée :
- Nous trouvons la chaleur accablante (31°), l’humidité très importante (95%).
- Il règne une odeur de moisi dans les chambres qui étaient fermées et sans climatisation depuis trois jours.
- Jacques, le collègue de Dominique, nous apprend que Internet haut débit ne fonctionne plus depuis une semaine et que cela risque de durer car le câble américain qui nous alimente en ADSL est endommagé à une vingtaine de km en mer. La réparation n’aboutira sans doute que dans une dizaine de jours. j’aurais pourtant tellement aimé vous remercier tous , "à chaud" !
- Parmi notre courrier, nous avons un avis de lettre recommandée à aller chercher, l’horreur ! - N’ayant rien à dîner, nous déplorons le manque de petits restos traditionnels où nous aurions pu manger un simple steak-salade. (nous sommes obligés de manger chinois).
- Les voisins ont effectué une taille sévère de la haie située juste devant notre terrasse. Nous n’avons plus aucune intimité et avons vue sur toute la rue.
Vous avez compris. Mon moral n’était pas vraiment au beau fixe !
Pourtant, grâce à Jacques, super sympa, qui nous avait conduit et qui est revenu nous chercher, tout s’est passé au mieux. Nous sommes même arrivés à St Laurent avant la tombée de la nuit.
Pourtant, le reste de la maison était impeccable.
Pourtant, quelque part au fond de moi, j’avais bien l’impression de rentrer « chez moi ».
Mardi, tout est rentré dans l’ordre…
- La clim et les ventilateurs rendent la température et l’humidité beaucoup plus agréables. Le soleil montre le bout de son nez.
- Les chambres sont aérées et de nouveau "habitables".
- Je me fais une raison pour Internet. Je me rattraperai plus tard.
- Je ne patiente « que » 30 minutes à la poste pour récupérer ma lettre recommandée. Le responsable fait passer « les recommandés » avant ceux qui attendent pour toucher leur RMI et leurs Alloc.
- Je fais des courses et trouve ce dont j’ai envie.
- La végétation pousse tellement vite ici que la haie sera très vite plus belle et plus touffue.
- Je retrouve avec plaisir ma « sieste-lecture » dans le hamac car je ne travaille que demain.
La vie est belle.
Voilà, ce petit moment de blues passé, nous avons repris le boulot et le petit train train.
Il pleut, il pleut, il pleut...mais il fait agréablement chaud. 25 à 27° et l'humidité ne me dérange plus....
Enfin, un peu quand même car...
- quand j'ouvre un tiroir, il est moisi et il faut tout sortir et nettoyer.
- Les cafards ont profité de notre absence pour envahir un trou dans le meuble sous évier. Il faut encore nettoyer, traiter...
- Les mouches en ont également profité pour faire un grand nid sous la terrasse.
Mais la routine reprend et les précautions d'usage avec !
Donc, ces petites urgences résolues, nous avons envie de sortir et de revoir Carmen et Hendrick, de retrouver leur gentillesse et leurs attentions. Nous allons donc déjeuner chez eux ( Restaurant Agami pour les connaisseurs ). Nous sommes comblés et restons bavarder avec Carmen un bon moment.
Dimanche, il pleut toujours mais il fait très bon et nous décidons de ne pas rester enfermés toute la journée. Nous allons aller à Mana déjeuner chez notre restaurateur préféré: Sylvain. J'espère que nous allons pouvoir passer, car la route est régulièrement inondée à cette saison. Nous prenons le 4X4 par précaution. Effectivement, nous avons bien fait car certaines voitures, trop basses, ne passent encore pas.
Sylvain nous reçoit, comme toujours, en amis. Mon Dieu, que c'est agréable, comparé à l'indifférence polie des restos métropolitains.
Nous bavardons beaucoup. Il a le temps car avec cette météo, personne ne s'aventure à Mana sans y être vraiment obligé. Nous n'en sommes que mieux accueillis. Il nous donne la recette de son sirop de sucre aromatisé et nous en offre même une petite bouteille. Puis, en plus de ses petits desserts délicieux, il cueille pour nous dans son jardin, une main de bananes délicieuses et nous les offrent.
Nous sommes bien, là, face à "La Mana", fleuve que nous nous promettons de découvrir un de ces jours. Il fait même très frais sous cette pluie intermittente, j'en ai presque la chair de poule !
-"Tiens, un bidon qui flotte entre deux eaux. Tu as vu, Sylvain ?.
- Où ça ? ....non, ça ne vaut pas le coup d'aller le chercher. Il ne reste plus rien dedans, il flotte trop haut sur l'eau.
- Comment ça ?
- Et bien, c'est un bidon de contrebande qui a été largué en urgence à la vue des douaniers. Cela pouvait être de l'essence ou autre chose... mais là, il est trop vide !!
- Ah, bon !
A ce moment là, nous entendons de l'animation dans la rue. Sylvain nous dit de venir voir comment on met les bateaux à l'eau, ici, faute de remorques.
Une équipe de Brésiliens tractent avec leur camion une grande "tapouille", tout juste terminée, en la faisant rouler sur des rondins de bois, mètre par mètre.
Arrivés près du débarcadère, il faut maintenant pousser sur le bateau et alors là, ça ne va plus du tout, le camion manque de puissance et rien n'avance plus.
Alors, "Zorro est arrivé, é...é, avec son gros 4X4..a...tre..." Sylvain, l'homme au chapeau sur la photo, a dirigé l'opération. Nous y avons laissé un peu du pare-choc mais notre "tank" n'a eu aucun problème pour déplacer la tapouille...
... qui a terminé toute seule son chemin sur le "dégrad" pentu, entraînant avec elle deux brésiliens à la "patouille" !!
Quel bon moment ! Et nous qui avions peur de passer un dimanche pluvieux et terne ! Nous avons le droit au café, au rhum arrangé et à la promesse de nous emmener à la pêche sur "notre" tapouille.
Au retour sur St Laurent, j'arrive à traîner Dominique à un concert de chants organisé par l'école de musique. Deux très belles voix, une heure et demi de concert ( merci et chapeau, mon chéri ! ) et on rentre à la maison.
Le WE prochain, nous allons profiter des trois jours pour explorer l'Est de la Guyane...
A très bientôt.
2 commentaires:
Heureusement,la connexion est rétablie; nous n'étions pas habitués à une si longue période de mutisme, Claire! et bravo au roi de la poussette guyanaise, le pape de la papouille à la poupe des tapouilles!
Quel plaisir ce fut de vous revoir pendant ces quelques jours à la métropole, le bonheur aussi de retrouver vos aventures guyanaise. La prochaine fois que vous voyez Sylvain, donnez lui de bonjour de ma part. J'ai encore le goût en bouche de ces chips d'arbre à pain.
Bisous à vous
anne marie
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