La Guyane est à gauche sur la photo, le Surinam à droite.
Cette île, la plus grande du fleuve, était la propriété de M. TANON. Il y avait créé une scierie et une rhumerie qui a très bien fonctionné jusqu'à ce que les cuves explosent, en 1964.
Avant lui, en 1881 M. Bar, propriétaire de l' usine, produisait déjà du rhum.
Il employait des engagés indiens et des bagnards (une geôle avait été construite sous la maison de maître). Le rhum était vendu aux gens des alentours qui venaient chercher l' eau-de-vie dans des seaux. L' usine et les terres de l' îlet ont été ensuite rachetées par M. Gonzalès qui y a installé une famille Boni (noir marron) pour la surveillance et l' entretien des parcelles.
Actuellement, cette île est à vendre mais d'un seul tenant et personne n'a les moyens de l'acheter. Elle est "squattée" par de nombreux bushinengés qui y ont construit des "campoes" (petits villages).
C'est dans l'un d'eux que nous allons nous arrêter manger.
L'autre particularité de cette île est que le "Club Med" avait commencé à y construire un village . Le projet a été ensuite abandonné. Tout le matériel qui y avait été apporté a été volé: sanitaires, baignoires, matériaux de constructions...
Nous partons du village St Jean du Maroni. Le débarcadère se trouve juste en face du G.S.M.A. ( Groupement du service militaire adapté ). La voiture et la remorque seront en sécurité.
Nous allons d'abord découvrir la crique "Serpent", un peu plus en amont. Nous passons entre la côte Guyanaise et un chapelet de sept îles. Le paysage est très beau. Nous découvrons à chaque fois de nouvelles plantes.
Après une demi-heure à contre courant sur la crique, nous nous laissons redescendre avec le courant en pagaïant. Quel plaisir de n'entendre que le chant des insectes et des oiseaux.
Nous longeons une mangrove de palétuviers rouges, en graines à cette période.
Ces plantules se détachent et se plantent dans la vase, à maturité. Elles peuvent aussi voyager sur l'eau pour coloniser un autre site de mangrove. Nous en ramassons quelques unes pour essayer de les planter dans un coin humide du jardin.
Qui n'essaye rien, n'a rien... !
Toute la végétation des riques et rivières sur: http://picasaweb.google.com/cdleroux/VGTationDeRiviResEtDeCriques
Une jolie petite plage nous attire. Nous ne dérangerons personne. les cases de ce campoe se trouvent un petit plus à gauche. A peine débarqués, nous voyons arriver une très jeune femme avec un bébé dans les bras ainsi qu'un jeune garcçon. Elle parle le français et je peux aussi dire quelques mots au jeune garçon en taki-taki:
" Fa yu e go ? - We san tan ya wan tu huru fo niangniang?- Fa yu nam ?..."
Les présentations sont faites: La très jeune femme s'appelle Jennifer et c'est son bébé qu'elle a dans les bras: Fernando. Elle va à l'école à St Laurent. Lugian, lui est scolarisé au Surinam et parle néerlandais et taki-taki (nengé est le terme moins courant mais mieux adapté).
Le "courant passe" et ils nous proposent de nous installer devant leur carbet car ici, il y a des serpents ( "je n'en ai jamais vu mais nos parents nous ont dit" - je pense qu'il est plus facile pour eux de surveiller leurs baignades devant chez eux ! ) et des "mouches à feu". Effectivement, juste au dessus de notre tête, un magnifique nid de guêpes est suspendu sous une feuille. Nous nous préparons à y aller à la pagaie et ils nous demandent si ils peuvent venir avec nous dans la pirogue. Nous leur proposons alors de leur faire faire un petit tour au moteur en face, au Surinam. Et nous voilà partis. Nous prenons des photos. Nous viendrons leur donner à notre prochain passage.
Nous nous installons ensuite un peu à l'écart d'eux pour déjeuner. Il y a là une dame un peu plus agée avec une autre petite fille. Elle est en train de renflouer une pirogue en écopant. Nous n'osons pas proposer de l'aider car, contrairement à Jennifer, le contact est plus difficile.
Comment faire pour être juste ?
Le passage des "taxis-pirogues" est incessant. Elles sont parfois tellement chargées que l'on se demande comment elles ne coulent pas.
Pour la petite histoire, la gendarmerie de St laurent estime "entre 800 et 1000", le nombre de traversées quotidiennes entres les deux rives.
Cette famille vit, comme tous les habitants de Portal, dans des cases en bois et en tôles, sans eau ni électricité. Je ne sais pas si cette famille est déclarée ou pas et donc si elle touche les "alloc" où non. Je propose discrètement à Jennifer, avant de partir, des bonbons, du pain, des crêmes vanille, des chips. Elle a l'air d'en être très heureuse.
- Les "mules" rivalisent d'imagination pour faire passer de la drogue...

... dans les tuyaux d'échappement, dans des boules de billards, mélangée à des produits alimentaires, dans les semelles de tongs, citrons farçis, broderies amidonnées à la drogue, dans des doubles fonds de gamelles...

- Et ce n'est pas fini car la fête patronale de St Laurent arrive et "ils" ont besoin d'argent. De plus, tout le monde (ou presque!) sera à la fête et les maisons seront vides...
2 commentaires:
L'ile Portal... J'ai failli y dormir avec Aziz, mais le temps était exécrable et nous avons renoncé à notre projet.
En parlant d'Aziz, saluez le de ma part s'il n'est pas en vacances...
Anne Laure a passé une partie de ses vacances à Brest, puis est venue à Berck. Maintenant, elle a repris le cours (ou plutôt les stages), et s'exerce à faire souffrir les patients du service d'orthopédie de l'hôpital Bichat ... Secteur à éviter jusque la fin août !!!
Il vient de rentrer, nous le verrons sans tarder.
Merci de nous prévenir pour Bichat !
Le pian, lui, n'a pas supporter le "12" !
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