Le début de notre séjour en Guyane se trouve à l'adresse:
http://leroux.over-blog.net/

Et ce blog ayant atteint sa capacité maximum de stockage, la suite de notre "aventure" se trouve sur:
http://docler2.blogspot.com/

.............Et en bonus, les pays que nous avons visité
en Amérique du Sud.
2008. Le Chili:
http://lerouxchili.blogspot.com/
2010. Le Pérou:
http://lerouxauperou.blogspot.com/


lundi 26 novembre 2007

59 - Le Surinam (e)








Ce WE est consacré à la découverte d’une partie du Surinam. Nous ne connaissions que Paramaribo, la capitale. ( voir précédent blog en janvier 2007 ).





Le SURINAM (on peut aussi écrire en français Suriname) est limité au sud par le Brésil, à l'ouest par le Guyana, à l'est par la Guyane française et au nord par l'océan Atlantique. Le Surinam est le plus petit État d'Amérique du Sud, soit 163 000 km², après la Guyane française (91 000 km²), et équivalent tout de même à près de quatre fois les Pays-Bas. Le Surinam est boisé à 96 %, la population vivant généralement sur le littoral. La capitale du pays est Paramaribo. La langue officielle est le hollandais.

Jeudi matin, 23 novembre 2007, Dominique dépose les papiers au Consulat du Surinam à St Laurent pour avoir nos visas. Nous devons normalement les récupérer le soir même.
Nous allons y passer trois jours avec E. et J….

Je prépare notre paquetage… Tout est maintenant au point : René, notre chauffeur, traverse avec nous le Maroni à 7h demain matin, vendredi, nous conduit à Paramaribo, la capitale ( 2h de route), où ils nous met en contact avec la petite agence « Sun and Forest » qui nous prend en charge pour notre balade. Purcy sera notre guide et accompagnateur pendant ces trois jours.

… Sauf que jeudi soir… nous n’avons pas récupéré nos visas…

Il est impossible de partir sans ces papiers au risque de se retrouver en tôle…

Que faire ? M (e). nous promet de harceler son cousin, le Consul, dès l’ouverture du bureau, à 8h. Nous prévenons E. et J. ...qui préviennent René... qui prévient « Sun and Forest » qui préviennent Purcy, etc…….. Quelle poisse !
Si nous ne récupérons pas nos papiers à 9h, nous avons encore une espoir pour 14h puis c’est fini. Nous envisageons donc toutes les solutions…

Vendredi matin ; 8h45… YOUPI, on a nos visas. Dominique saute au cou de M ( e ).
Nous téléphonons à… qui prévient… qui rassure…. qui …...............

9h30 : Pirogue pour traverser vers Albina.



10h : Trajet vers la capitale ; la route est toujours aussi défoncée. René est parfois obligé de presque s’arrêter pour franchir les trous. Ce sont surtout les nombreux camions qui transportent la bauxite vers l’usine internationale américaine qui défoncent la route.


Mais ils ne sont pas les derniers à en faire les frais.













L'économie du Suriname, est dominée par l'industrie minière qui représente plus d'un tiers du PIB et des revenus du gouvernement. C’est un secteur d'activité, sujet à une grande volatilité des prix. Les perspectives économiques dépendent de la capacité du gouvernement à contrôler l'inflation et le développement des projets dans les secteurs miniers comme la bauxite et l'or.
Les gigantesques mines de bauxite fournissent 80% des recettes d’exportation, mais non sans un impact majeur sur la forêt.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Suriname

12h30 ; Nous arrivons à l’agence de Paramaribo.

13h25 : Nous prenons la piste vers Brownsberg. Elle est en latérite mais plus belle que la route entre Albina et Paramaribo.

15h : Nous arrivons à « Klaaskreek » pour prendre une pirogue qui va nous faire traverser la « Surinam river » pour nous emmener à « Oto Banda ». Ce village est très grand, très propre et il est très agréable de s’y promener. Le « camp » jouxte le village du même nom.

















Nous profitons de la clarté du fleuve Surinam pour nous baigner. Une bonne averse, très fraîche, nous incite à rester "au chaud" dans l'eau.
Très vite, le soleil revient et nous allons visiter le village voisin.

















Les antennes télé sont accrochées aux arbres... dont on a parfois supprimer le houppier pour plus de réception.



















Nous allons à la rencontre des enfants qui nous réclament des photos...











Cette jeune fille , Tanitia, n'a presque jamais quitté son village, sauf peut-être pour aller de temps en temps à Paramaribo. Elle allait laver son linge et sa vaisselle à la rivière et a cherché à lier conversation. Elle nous a étonné par sa curiosité, son intérêt pour la France. Edmond parlant le néerlandais couramment, il a été facile de se comprendre. ( C'est la langue officielle du Surinam. ) Voici le clocher de l'église:


La stabilité des cases est assurée... ou pas... par des parpaings fabriqués sur place.



Le site est très chouette mais les constructions du camp sont très désuètes.













En plus, ils viennent de « désinfecter et désinsectiser » les cases. L’odeur est infecte et inquiétante… survivrons-nous à cette nuit ?








Voici notre "case".




Un groupe de touristes néerlandais m’empêche de dormir jusqu’à minuit puis ce sont les villageois qui viennent tous, jusqu’à deux heures du matin, téléphoner près de la case car c’est le seul endroit où les portables captent. A cinq heures, branle bas de combat : ratissage des allées, conversations animées…
Vive le calme de la campagne !


8h30, samedi matin : Départ vers Brownsberg.
8h40 : Belle piste jusqu'au village de Brownsberg. Puis la fin est très mauvaise, nous arrivons à l’accueil de la réserve à 9h30.
La réserve, à 514 m d’altitude surplombe l’immense lac de BROKOPONDO. La vue est superbe.


















Nous voyons pour la première fois quelques Agamis et deux Hoccos qui viennent picorer les restes de riz jetés par le restaurant.








A part ça, nous apercevons un petit serpent très discret et un ou deux agoutis.



Les lodges et autres bâtiments ne sont malheureusement pas bien entretenus et ne donnent pas envie d’y séjourner.


Nous sommes un peu déçus. Les animaux ne se montrent pas si facilement.


Heureusement, une heure avant notre départ, nous pouvons observer un groupe de singes : Babounes, Singes à face blanche (Sakis), Tamarins.






Nous passons toutefois une très bonne journée et je garderai un merveilleux souvenir de notre sieste « hamac » avec vue sur la réserve de BROCOPONDO. … et bien sûr, de notre rencontre avec les singes.
















15h30 – 17h : retour. Nous nous arrêtons pour la soirée et la nuit à « Over-Bridge ». Ce camp de Week-end est très bien arrangé. Une plage de sable y a été aménagée le long du fleuve Surinam. La baignade est protégée des pirhanas par un long filet métallique. Et oui, il parait que, ici, ils sont beaucoup plus gros et plus agressifs qu'en Guyane.



Les bungalows sont très spacieux, hyper-cleans, très confortables. Ma foi, c'est vraiment très agréable après le camp d'hier soir.



Le petit déjeûner est très copieux comme vous pouvez le voir sur cette photo où nous nous régalons en compagnie de Purcy.




Le parc est joliment planté et nous retrouvons un pommier cajou dont les noix sont un vrai délice. Je n'ai jamais eu l'occasion de goûter les pommes mais elles sont également comestibles.

























Nous nous sommes promenés dans un joli petit bois aménagé dont certains arbres étaient très beaux.






Dimanche matin, 9h25 – 10h20 : retour à Paramaribo.


C'est la fête de l'Indépendance, obtenue le 25 novembre 1975. Nous avons donc le droit au défilé des troupes armées.


Le régiment avec les casques bleus est le régiment français. Vous noterez qu'il n'y a pas un blanc dans cette unité.
Le Palais Présidentiel est décoré pour la circonstance. Et toute la population y participe. Il y a beaucoup, beaucoup de monde...




















Voilà ! Après un déjeûner-buffet au "Torarica", l'hôtel "chic" de la ville, nous retrouvons René qui est revenu nous chercher. Nous traversons Paramaribo.

Si vous ne le saviez pas, maintenant, vous ne pouvez plus l'ignorer. La bière officielle se nomme: la Parbo ! Il y a aussi un alcool local qui s'apparente au rhum mais qui fait 90°. Nous en avons acheté une bouteille.....pour allumer le barbecue !


Nous voilà de retour à Albina. Les piroguiers accourent et nous harcèlent pour que l'on monte dans leur embarcation. René nous fait monter avec une connaissance. Il se fachera d'ailleurs avec lui à l'arrivée car ce monsieur ne veut pas nous déposer au débarcadère officiel, là où nous faisons tamponner nos passeports et là aussi où nous attend B. avec la voiture.



Ce Monsieur avait embarqué trois Brésiliens clandestins pour les déposer à "Trans América", lieu de départ pour un site d'orpaillage et bien sûr, ne tenait pas à se faire voir des douaniers. En plus, il leurs faisait payer plus cher que le prix normal. Quelle mentalité !


Fin du Week end. On repart pour une semaine de boulot.


Tout à l'heure, pendant que j'écrivais cet article, j'ai senti un petit tremblement de terre... j'espère que cela ne va pas recommencer...

dimanche 18 novembre 2007

58 - Retour à la vie quotidienne

La nuit qui a précédé notre départ en métropole, nous nous sommes encore fait voler un hamac. Il était pourtant replié dans un coin du salon que nous croyions inaccessible. En plus, Dominique y avait dormi jusqu'à 2h du matin car il toussait beaucoup et voulait me laisser reposer car les trois précédentes nuits avaient été très difficiles. ( coqueluche ? ) A 3h du matin, juste après qu'il m'ait rejoint dans la chambre, Spirou s'est mit à hurler et le temps qu'on réalise et qu'on allume la lumière... le hamac était parti. La corde qui le retenait au crochet-hamac était coupée.




J'ai donc décidé de faire appel aux "esprits vaudous". Une personne "initiée", que je ne pourrai nommer, m'a donc aidée à confectionner un "repousse-voleurs". Figurine, tissus noir, rouge et blanc... offrandes, aiguilles plantées dans le tissu, croix de farine... il n'y a que le balai de bambou que je n'ai pas trouvé pour le moment...


Vous n'y croyez pas ? Mais comme la plupart des voleurs, eux, croient dans la malédiction que peut apporter ce genre de choses... pourquoi ne pas mettre toutes les chances de notre côté !

Bien, rassurez vous, je n'ai pas perdu la tête, ni l'appétit d'ailleurs...
Donc, nous allons inaugurer ce samedi soir le barbecue que notre ami Marcellino nous a offert pendant notre séjour en métropole. Nous l'avons trouvé avec bonheur en revenant. Regardez cette fabrication de génie à partir de matériaux de récup ! N'est-il pas super ?

















Le seul problème, c'est que les saucisses et les merguez qui vont avec ne sont pas aussi bonnes que chez nous !
La prochaine fois, on se fera une bonne côte de boeuf de "SuperU" !

Le ventilo... c'est pour chasser la fumée loin de la maison car nous sommes sous la terrasse, à l'abri de la pluie !!
La lampe frontale sera bientôt remplacée par un éclairage plus adapté aux circonstances...

Avant de nous coucher, nous faisons toujours une petite inspection de la chambre, nous "démoustiquons" ( au cas où ) et nous climatisons la chambre à 25/26°.
Et bien ce soir, nous y avons trouver une énorme guêpe qui cherchait désespérément la sortie et se cognait sans relâche contre la moustiquaire de la fenêtre... Vous avez vu sa taille ? Plus grande que les clés de la voiture ! Vous comprendrez donc que nous n'avions pas vraiment le choix...

... et le matin, au petit déj, qu'est ce que je vois ? Une autre guêpe de la même famille ( Pompilidae ) est en train de faire son nid dans un bois mort de la terrasse... Ah non ! Pas question de se retrouver avec une famille entière... "FLY-TOX" a donc encore frappé !!!


Je n'ai pas la phobie des "bébètes" mais quand même...

Revenons à la gastronomie...

Nous avons été déjeuner à Javouhey avec Nelly et Alex. Nous y avons retrouvé une de ses amies qui nous a fait goûté au "Tapioca". C'est du lait de coco avec du sirop de sucre au fond et du tapioca de couleur au milieu. On aime ou on n'aime pas... Moi, je n'ai pas aimé. Dominique pas trop non plus. Et attention les calories !!!

Le WE se termine sur ces belles couleurs... un peu synthétiques...

Mon prochain billet vous racontera notre séjour au Parc de Brownsberg, au Surinam où nous allons passer trois jours.

Bonne semaine à tous.


dimanche 11 novembre 2007

57 - De la Guyane à la Bretagne en automne

Nous revenons de trois semaines dans notre Bretagne natale. Et pour changer un peu, je vais vous faire partager des photos de notre petit coin métropolitain.

Nous nous attendions à y trouver, à cette saison, pluie, froid et vent..... Et bien, nous avons eu beaucoup de chance et le soleil a nettement prédominé durant notre séjour. Nous avons pu aller sur "notre" plage tous les jours, un peu couverts, j'en conviens. Mais quel plaisir, ce ciel bleu.






J'ai retrouvé "mes" ramassages de coquillages...



Nous nous sommes régalés de nos enfants et petits enfants, dans le jardin.




... j'ai pris deux kilos car les repas de famille et entre amis se sont succédés les uns après les autres...
Nous avons même pu déjeuner sur la terrasse... 40° au soleil... on a eu peur que le thermomètre explose !

... et la NATURE était SUPERBE !

Les couleurs de l'automne...

Nous avons redécouvert avec émerveillement toutes ces couleurs en nous promenant dans la forêt de Mangolérian.


En Guyane, tout est vert, toujours vert, du début à la fin de l'année. Alors, ma foi, un peu de couleurs...ça change un peu !




Pour que ces vacances soient complètes, il nous fallait aussi un peu de bateau sur "notre" Golfe du morbihan... Nous avons donc fait deux fois la traversée vers l'ile d'Arz.


Et nous sommes rentrés les yeux et le coeur pleins d'images de Bonheur. ( Le nouvel "oeil de verre" de Dominique lui permet de nouveau de bien en profiter... )

Nous sommes arrivés à Cayenne avec 25° de plus mais peu d'humidité. C'était très agréable. L'air est doux. Les bruits de la nature nous accompagnent de nouveau tout au long de la journée...
Nous avons récupéré notre voiture... et en route pour Kourou.
Nous n'avons pas vu Ariane décoller. Le vol a été reporté trois fois. Ce nouveau succès a eu lieu 7 jours en retard sur le programme...
... Et le train train est reparti !
Fête d'enfer qui a emm... tout le quartier de 19h à 8h le lendemain matin...
Voiture en panne à cause de cette immobilisation de trois semaines qui a déréglé le système électronique...
Odeur épouvantable dans l'habitacle dont nous avons eu beaucoup de mal à nous débarrasser: un oiseau était venu mourir sous le capot, juste sur la grille d'aération. Il était rempli de gigantesques asticots: UNE HORREUR !
A part ça, nous étions très heureux de retrouver nos amis, notre maison, nos petites habitudes de repas sur la terrasse, piscine, soleil, chaleur...
... et puis la vie de tous les jours avec ses particularités bien Guyanaises:
En ce moment, il y a moitié plus de naissances. C'est le "CarnavalBoom" !
L'une de ces nouvelles mamans à 13 ans 1/2.
A une sage-femme qui lui demandait pourquoi elle avait fait ce bébé, elle a répondu: " c'est parcequ'il couche avec tout le monde donc comme je suis la première à avoir un bébé, il restera avec moi !".... ce qui n'est pas du tout, mais alors pas du tout gagné !
Une autre très jeune maman, décelée porteuse du SIDA, explique qu'elle savait son ami séropositif mais qu' "il faut être capable de mourir par amour !" Ce qui n'a pas empéché son "ami" de la quitter. Il couche maintenant avec sa cousine qui est pourtant au courant de sa séropositivité.... ET ON COUPE LE BOUT DES PRESERVATIFS POUR SE PROTEGER, TOUT EN CONTINUANT A AVOIR DES ENFANTS !!!
Voilà... la vie continue.....





lundi 15 octobre 2007

56 - Village Coswine, Criques rouge, vache, 1900, canard, coswine

Nous sommes partis ce WE avec l'ADNG (Association de Découverte de la Nature Guyanaise)

découvrir plusieurs criques: crique Rouge, crique Vache, crique 1900, crique Canard, crique Coswine et son village amérindien perdu au milieu de la mangrove et accessible uniquement en pirogue.




Pour vous situer un peu les choses, voici une carte du coin.









Notre rendez vous était fixé au site de l'ADNG, le long de la crique Rouge, accessible par la route de Mana, en jaune sur la carte.
Une fois la voiture garée sous un carbet de l'ADNG, nous nous sommes trompés deux fois de layon pour retrouver Pierrot, notre organisateur. Nous avons donc marché 3/4 d'heure avec nos deux touques ( bidons étanches servant de valises ) et un autre sac.
Enfin, nous avons fini par arriver, presque à l'heure... 9h. Heureusement, nous avions pris de la marge...
Nous chargeons le "coleman" (pirogue en plastique) de tout le matériel nécessaire pour un WE de trente personnes, repas compris. Une fois installés à bord, nous pensons couler mais non, la ligne de flottaison est à 5 cm au dessus de l'eau. Si nous ne bougeons pas, si nous ne nous penchons pas, "ça doit le faire", nous dit Pierrot ! Nous avons tout de même 3h 1/2 de navigation à faire dans ce dédale de criques, heureusement très calmes. Nous nous arrêtons trois fois pour refaire le plein de notre petit 3cv et ma foi, un peu engourdis, nous arrivons à destination... La balade était en fait très agréable. Voici notre parcours dans la mangrove pour rejoindre Coswine. Cette "feuille de crique" me rappellait les "feuilles de route" que nous faisions en moto quand nous étions en métropole...



Quand je vous dis que nous transportions tout le nécessaire pour nourrir 30 personnes, il faut inclure la vaisselle et les gamelles...



Nous voilà donc arrivés. Pierrot est "cramé" par le soleil et a le bras tout enfourdi !


Voyez comme les abords du village sont attirants..... de la vase, de la vase et encore de la vase.


Il n'a pas plu, nous n'avons pas chaviré, nous n'avons même pas embarqué d'eau et tout le matériel est intact, nous aussi... tout est pour le mieux !


Nous débarquons à Coswine. Le village est mort. Nous sommes accueillis par "KGB" qui nous invite à nous installer dans la case du chef de village, absent pour le moment. Nous partageons avec lui le punch planteur que nous avions apporté et attaquons nos sandwichs, affamés.



KGB nous dit que tous les villageois sont à St Laurent pour le marché. Nous sommes samedi. Nous profitons de cette solitude pour découvrir le village. Il m'est toujours très désagréable de "visiter" les villages habités où nous débarquons. Cela me donne l'impression d'un voyeurisme malsain.
J'en profite donc. Je ne dérange personne.


Visite guidée de lieu de villégiature quatre étoiles:

La cuisine:
Les WC:

La salle de bain: C'est le seul point d'eau du village et il est au ras de la crique, très en contrebas du village. Il faut donc y remonter l'eau dont on a besoin.


Le carbet "construction de pirogue".


L'atelier "réparation de toits".


Le carbet où KGB nous conseille d'installer nos hamacs.

Donc voici notre chambre: Les deux hamacs de gauche sont les nôtres. Ici, les moustiquaires sont plus que nécessaires...


Je vous présente notre compagnon de nuit: un petit saïmiri prisonnier au bout d'une laisse.
Triste, triste... Il y a aussi un bébé baboune dans une cage à l'autre bout du village... et des tortues de terre entassées dans une vieille glacière. On ne peut les ignorer vu l'odeur qu'elles dégagent.

Je vous fais grâce de toutes les ordures qui jonchent le sol dans pratiquement tout ce village qui décidément est très "spécial". Avec le vent, leurs feux, non protégés, répandent du charbon de bois partout et nous ne pouvons pas faire le moindre pas sans avoir les pieds noirs de cendre. Il faut voir l'état des enfants à la fin du WE... inimaginable !!! Des vrais charbonniers ! Ne parlons pas des vêtements, des hamacs et de tout le reste...

Nous faisons une sieste en attendant le reste du groupe qui arrive, lui, par le Maroni.
Certains ont profité de la grande pirogue (12m) de Gaëtan, le chef du village qui revient de St Laurent. D'autres arrivent par leurs propres embarcations dont une caravelle toutes voiles dehors.
Tout ce petit monde débarque vers 17h30. Les embarcations sont déchargées et attachées au ponton d'accueil, débarassées de leurs moteurs et accessoires à cause du vol.

Chacun trouve une place où attacher son hamac... rien n'est vraiment prévu pour ça. En fait, on squatte les carbets des familles.
La nuit tombe très vite et Nathalie et son fils se sont installés dans le carbet "pirogue" sans voir qu'il n'y avait pas de toit partout... heureusement, il n'a pas plu !
Le carbet "communautaire" n'a pas été entretenu depuis des lustres et c'est une vrai passoire. Il nous servira de salle à manger en espérant, là aussi, que nous n'aurons pas les orages des derniers jours. Mais nous sommes ici beaucoup plus près de la côte et il pleut beaucoup moins qu'à St laurent.
Il n'y a pas que le carbet qui n'a pas été entretenu. Trois ou quatre pylones avec panneaux solaires sont noirs de crasse et ne fonctionnent plus depuis bien longtemps. Le chef du village me dira par la suite que c'est parce que la mairie d'Awala dont ils dépendent n'a pas assez d'argent pour envoyer quelqu'un en pirogue entretenir ces installations et changer les batteries !

Nous faisons connaissance avec les quelques amérindiens (4 où 5) qui sont revenus. Ils sont tous saouls. Trois femmes vivent ici, recluses dans leurs cases. Nous ne les verrons pratiquement pas du WE à moins d'aller les voir chez elles mais je n'ose pas. Frédérique et une autre "touriste", pourtant, sont allées à leur rencontres et ont été bien reçues . Il n'y a plus d'enfants dans ce village fantôme. Ils sont tous scolarisés en ville et ne reviennent ici que pour les vacances.
Nous apprenons qu'en fait il n'y a qu'une seule famille... élargie à vivre ici.

Nous passons à la préparation du dîner, tous ensemble, et l'ambiance est très sympathique. Nous retrouvons une ou deux connaissances.
Un jeune couple d'enseignants vient se présenter à nous car il nous a reconnu comme étant les auteurs de ce blog qu'ils ont assidûment parcouru avant et au moment de leur arrivée en Guyane. Nous sympathisons très vite avec tout ce petit monde très hétéroclite: soignants, enseignants, entrepreneurs, tatoueurs, fonctionnaires dans l'administration, animateurs... tous métro quand même !



Laurent, de l'ADNG, est le préposé au barbecue.

Gaëtan, KGB, Roger's et ... passent la soirée avec nous. Ils boivent encore beaucoup et tentent leur chance à tour de rôle auprès des jeunes femmes de notre groupe... "viens avec moi, on ne dira rien..."
Pierrot nous apprend à jouer de la musique, enfin plutôt à "émettre des sons" grâce à un tuyau de plastique. Nous nous y essayons à tout de rôle...


J'aimerais bien vous faire entendre ce que cela donne... mais je ne sais comment faire pour insérer un fichier son dans ce blog... dommage. Je vous propose donc le film, trop noir, uniquement pour le son.




Très harmonieux, n'est-ce pas ??


Vers minuit, nous regagnons nos hamacs. Un fois les quintes de toux de Dominique passées ( il a une bronchite-trachéite-...ite... depuis trois jours ), les appels des enfants qui se réveillent de temps en temps, tout le monde dort bien.


Vers 5h, Roger's vient donner à manger à son saïmiri, se poste au pied de mon hamac la bière à la main et la cigarette au bec. J'ouvre un oeil, profite bien de sa fumée puante pendant quelques minutes et l'entends me demander si tout va bien et si nous dormons bien !!!

C'est vrai que je dors très bien dans un hamac. En plus, je n'ai pas mal au dos en me réveillant, ce qui est bien agréable de temps en temps... Dominique, lui aussi, y dort très bien... quand il ne tousse pas !


La matinée est un peu longue, il n'y a vraiment rien à faire dans ce village minuscule, entouré de mangrove. En plus, se baigner dans la crique est très difficile, il faudrait progresser dans la vase jusqu'au cou. Les pontons sont très hauts et je n'aurai pas la force de m'y hisser pour sortir de l'eau. Je finis par me renverser sur la tête, toute habillée, des casseroles d'eau de la source pour me laver, laver mes vêtements et me rafraîchir...

La communication avec les amérindiens est plus que rudimentaire bien qu'ils parlent le français. Ils ont tous démarré à la bière vers 5h et sont encore à moitié dans le cirage... Quelle tristesse... Ils partent vers 10h30 vers leur "abattis" (zone défrichée servant aux cultures) avec un bidon de "cachiri" (bière de manioc).

Site racontant la vie des Amérindiens: http://www.junglexplorer.net/peuples2.htm

Cyril, qui était venu avec sa coque alu, va faire faire aux enfants, pour leur plus grande joie, du ski nautique. Pierrot va faire un petit tour en "coleman" à la pêche et reviendra bredouille.


Après de nombreuses tergiversations, il est décidé que nous restons encore pique-niquer ici ce midi et que nous rentrerons en faisant une petite halte sur une petite plage du maroni. A vrai dire, nous nous inquiétons un peu de savoir à quelle heure nous serons de retour à l'ADNG, vu que nous avons encore deux ou trois heures de pirogue à faire après...



Mais vers 16h, après un petit bain pas vraiment rafraîchissant (l'eau est au moins à 30°) chaque embarcation reprend la "voie navigable" du retour.


Nous sommes moins chargés, nous évitons la crique Coswine, la crique Canard et reprenons la crique Vache à partir du Maroni. Nous arrivons vers 18h30 au site de l'ADNG après avoir écopé une partie du voyage car il y avait un peu de clapot au départ. Nous avons aussi pagayé un peu pendant que Pierrot faisait régulièrement le plein du moteur et réparait la poignée du moteur qui avait lâché. Mais ce retour était très agréable. j'aime cette heure de fin de journée. les couleurs sont belles, la température plus fraîche.


Nouvelle expérience, donc toujours positive. C'est vrai, comme dit Nicolas dans son commentaire, qu'il est très interessant de connaître toutes les facettes de cette Guyane que nous aimons déjà beaucoup. Mais nous ne retournerons jamais passer un WE à Coswine, c'est sûr !

vendredi 5 octobre 2007

55 - Chronique de la vie St Laurentaise

Il fait chaud pour tout le monde en ce mois de septembre...




Les enfants sont tenus, en Guyane, de porter "l'uniforme" de l'établissement.


Les enseignants ne sont pas tenus, eux, de porter bermuda et savates. Et pourtant, certains ne s'en privent pas... quel bon exemple !


Autre souci de la municipalité, maintenant que l'école a repris...

Quelle procédure mettre en place pour accueillir les enfants "oubliés" à la sortie des classes. Ceci est en effet un problème récurrent à St Laurent du Maroni...




Un vrai petit coin de Paradis !
Depuis un ou deux mois, Andréa, artiste peintre, d'origine chilienne a redonné vie à une des plus agréables places de St Laurent, le long du Maroni.


On peut y déguster glaces et jus de fruits locaux ( Le papaye-citron à la menthe....HHHHHHHHUUUUUUUUUUUUUUMMMMMMMMMMMMM ) ainsi que quelques spécialités faites par des amies à elle, de toutes origines: indiennes, surinamaises, créoles...On aime surtout y aller vers 18h, 18h30 pour assister au merveilleux coucher de soleil sur le Surinam, de l'autre côté du Maroni.

A cette heure là, la brise rafraîchit l'atmosphère et c'est un vrai bonheur.


L'ambiance y est très amicale et très familiale. Nous sommes assurés d'y rencontrer quelques connaissances avec qui échanger et partager les "emplettes" du jour.


Le dimanche après midi, faute de chaises et de tables, tout le monde s'asseoit par terre avec son verre.


Andréa y expose de temps en temps ses oeuvres et la semaine dernière, c'était une exposition des peintures d'un artiste venu du Surinam. Hier soir, de nombreux jeunes adultes y pratiquaient des activités "cirque" auxquelles tout le monde était convié à participer. Il est prévu pour bientôt des activités "danse et musique"...
Quelle merveilleuse initiative... Je n'ai malheureusement pas de photos à vous montrer mais la prochaine fois que j'y retournerai, je n'oublierai pas mon appareil photo...

Notre terrasse:
En ce mois d'octobre, les floraisons se succèdent... et notre terrasse s'embellit...

Crossandra "fortuna"


Panaches d'officier...

Notre première grande fête...

Jean Marc et Valérie nous ont fait la grande joie de nous inviter à leur mariage. C'est très important pour nous qui sommes ici depuis maintenant un an.

Le mariage se déroulait dans la maison d'un couple d'amis. Une maison merveilleuse, agencée autour d'un patio au milieu d'un parc à la végétation luxuriante. Une piscine, à laquelle je n'ai pas résistée, complète ce tableau idyllique.

Voici les heureux mariés...

La soirée a été formidable, vraiment très très sympa et décontractée. Nous nous y sommes sentis formidablement "bien".

Le buffet était superbe... et nous nous sommes régalés de spécialités créoles cuisinées par Claudette.




Dominique et Jean Marc, le marié.

Le retour de noces était tout aussi sympa. ...Mais nous n'avons pas réussi à vider la "réserve de Pressions" !

Nous sommes rentrés le Dimanche soir, à la tombée de la nuit.

...une fête FORMIDABLE.

Jeudi 11 octobre: Cette fois ci, les fourmis s'en prennent à Maigret...

En même temps que des livres de cuisines, nous avons hérité, avec la maison, d'une série de "Simenon". Quatre gros volumes qui apparemment plaisent aussi beaucoup aux fourmis. Voyant mon étagère toujours transformée en boulevard pour fourmis, j'ai étudié l'affaire d'un peu plus près et j'ai trouvé, dans chaque reliure, d'impressionnants nids. Quand je dis "impressionnant", c'est par rapport à la taille de leurs habitantes qui, elles, sont minuscules mais innombrables...

A bientôt...

mercredi 3 octobre 2007

54 - Les chefs coutumiers en Guyane Française

Nous vivons actuellement à St Laurent une polémique très médiatisée entre deux chefs coutumiers du village de Balaté, situé sur le territoire de St Laurent. Le deuxième ayant évincé la première pendant ses vacances en métropole.

Voir tout le dossier sur http://www.blada.com/data/File/071pdf/brigitte0907.pdf

Mais qui sont ces Chefs coutumiers ?

Ils sont au nombre de 50 dont 23 ne sont pas reconnus par le Conseil Régional de Guyane. L’Assemblée départementale les prend en charge et les reconnaît depuis 1984. Auparavant, c’était la Préfecture qui traitait avec eux. Les « Capitaines » touchent une indemnité annuelle de 400 à 500 euros, les « Grand Man », 500 à 600 euros. Ils règnent sur les villages, s’occupent de toute la vie sociale et règlent les conflits. Ils sont juristes, gendarmes, mi-maires, mi-notaires… Ils supervisent le règlement des dots et la séparation des biens. Ils président à l’organisation des obsèques. Ils gèrent en partie le foncier. Certains n’hésitent pas à dire qu’ils ont plus de pouvoir que le Maire ou les gendarmes. Lorsqu’il y a un meurtre dans le village, c’est le grand man qui donne les grandes lignes pour retrouver la paix sociale. Il va consulter et tout faire pour éviter que ça s’envenime. Tout le monde s’accorde à dire qu’ils sont indispensables. La France vient de reconnaître les droits des peuples autochtones. Les Chefs coutumiers souhaitent désormais une reconnaissance légale et nationale de leur travail. Les discussions seront certainement enflammées. Par exemple : Qui reconnaître ? Parmi les nations bushi-nengués, les Alukus sont les seuls dont les autorités suprêmes vivent en Guyane. Faut-il accorder le même statut à ceux qui vivent au Surinam ? Certains s’interrogent sur les indemnités versées aux chefs coutumiers qui frisent « la prise illégale d’intérêts » puisqu’ils ne rendent compte à personne de leur travail. Où s’arrêtent vraiment leurs prérogatives par rapport à la loi française ? ……………….. A suivre...

Sur le marché de St Laurent.

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