Le début de notre séjour en Guyane se trouve à l'adresse:
http://leroux.over-blog.net/

Et ce blog ayant atteint sa capacité maximum de stockage, la suite de notre "aventure" se trouve sur:
http://docler2.blogspot.com/

.............Et en bonus, les pays que nous avons visité
en Amérique du Sud.
2008. Le Chili:
http://lerouxchili.blogspot.com/
2010. Le Pérou:
http://lerouxauperou.blogspot.com/


dimanche 3 août 2008

78 - Pirogue sur le Maroni, frontière entre la France et le Surinam

Samedi 02 août 2008.
En introduction, la photo d'une orchidée . Elle nous a été confiée, avec d'autres, pour l'été par V. et G. et nous fait le plaisir de fleurir, rien que pour nous !
Toutes les plantes de notre jardin sur: http://picasaweb.google.com/cdleroux/NosPlantationsNotreJardin
Ce soir, nous prenons l'apéritif chez D., anthropologue à l'hopital. Je voulais discuter avec elle d'un livre que je suis en train de lire sur les enfants vivant sur le "haut Maroni", c'est à dire dans des villages très isolés, en amont du fleuve. Elle connait très bien ces peuples bushinengés pour avoir vécu avec eux durant plusieurs années. C'est passionnant !
La vie de ces peuples fera surement l'objet d'un article très prochainement.
Dimanche 03 août 2008.
Notre hélice de bateau étant réparée, nous décidons d'aller pique niquer sur l'île Portal, située au milieu du fleuve Maroni, entre la Guyane et le Surinam.

La Guyane est à gauche sur la photo, le Surinam à droite. Cette île, la plus grande du fleuve, était la propriété de M. TANON. Il y avait créé une scierie et une rhumerie qui a très bien fonctionné jusqu'à ce que les cuves explosent, en 1964. Avant lui, en 1881 M. Bar, propriétaire de l' usine, produisait déjà du rhum. Il employait des engagés indiens et des bagnards (une geôle avait été construite sous la maison de maître). Le rhum était vendu aux gens des alentours qui venaient chercher l' eau-de-vie dans des seaux. L' usine et les terres de l' îlet ont été ensuite rachetées par M. Gonzalès qui y a installé une famille Boni (noir marron) pour la surveillance et l' entretien des parcelles. Actuellement, cette île est à vendre mais d'un seul tenant et personne n'a les moyens de l'acheter. Elle est "squattée" par de nombreux bushinengés qui y ont construit des "campoes" (petits villages). C'est dans l'un d'eux que nous allons nous arrêter manger. L'autre particularité de cette île est que le "Club Med" avait commencé à y construire un village . Le projet a été ensuite abandonné. Tout le matériel qui y avait été apporté a été volé: sanitaires, baignoires, matériaux de constructions... Nous partons du village St Jean du Maroni. Le débarcadère se trouve juste en face du G.S.M.A. ( Groupement du service militaire adapté ). La voiture et la remorque seront en sécurité.

Nous allons d'abord découvrir la crique "Serpent", un peu plus en amont. Nous passons entre la côte Guyanaise et un chapelet de sept îles. Le paysage est très beau. Nous découvrons à chaque fois de nouvelles plantes. Après une demi-heure à contre courant sur la crique, nous nous laissons redescendre avec le courant en pagaïant. Quel plaisir de n'entendre que le chant des insectes et des oiseaux.

Nous sommes seuls au monde...
Nous cueillons au passage une énorme ( par rapport à une clé de voiture... ) cabosse de cacaoïer sauvage dont j'avais tant apprécié les amandes lors de notre séjour à Cariacou. Malheureusement, après ouverture, il s'avère qu'elle n'est pas assez mûre. Comment le savoir ? Puis nous explorons un autre ilot du côté Surinam avant de revenir sur l'île Portal. Il est midi et une petite faim se fait sentir.

Nous longeons une mangrove de palétuviers rouges, en graines à cette période. Ces plantules se détachent et se plantent dans la vase, à maturité. Elles peuvent aussi voyager sur l'eau pour coloniser un autre site de mangrove. Nous en ramassons quelques unes pour essayer de les planter dans un coin humide du jardin. Qui n'essaye rien, n'a rien... ! Toute la végétation des riques et rivières sur: http://picasaweb.google.com/cdleroux/VGTationDeRiviResEtDeCriques Une jolie petite plage nous attire. Nous ne dérangerons personne. les cases de ce campoe se trouvent un petit plus à gauche. A peine débarqués, nous voyons arriver une très jeune femme avec un bébé dans les bras ainsi qu'un jeune garcçon. Elle parle le français et je peux aussi dire quelques mots au jeune garçon en taki-taki: " Fa yu e go ? - We san tan ya wan tu huru fo niangniang?- Fa yu nam ?..." Les présentations sont faites: La très jeune femme s'appelle Jennifer et c'est son bébé qu'elle a dans les bras: Fernando. Elle va à l'école à St Laurent. Lugian, lui est scolarisé au Surinam et parle néerlandais et taki-taki (nengé est le terme moins courant mais mieux adapté). Le "courant passe" et ils nous proposent de nous installer devant leur carbet car ici, il y a des serpents ( "je n'en ai jamais vu mais nos parents nous ont dit" - je pense qu'il est plus facile pour eux de surveiller leurs baignades devant chez eux ! ) et des "mouches à feu". Effectivement, juste au dessus de notre tête, un magnifique nid de guêpes est suspendu sous une feuille. Nous nous préparons à y aller à la pagaie et ils nous demandent si ils peuvent venir avec nous dans la pirogue. Nous leur proposons alors de leur faire faire un petit tour au moteur en face, au Surinam. Et nous voilà partis. Nous prenons des photos. Nous viendrons leur donner à notre prochain passage. Nous nous installons ensuite un peu à l'écart d'eux pour déjeuner. Il y a là une dame un peu plus agée avec une autre petite fille. Elle est en train de renflouer une pirogue en écopant. Nous n'osons pas proposer de l'aider car, contrairement à Jennifer, le contact est plus difficile. Comment faire pour être juste ?

Le passage des "taxis-pirogues" est incessant. Elles sont parfois tellement chargées que l'on se demande comment elles ne coulent pas.

Pour la petite histoire, la gendarmerie de St laurent estime "entre 800 et 1000", le nombre de traversées quotidiennes entres les deux rives.

Cette famille vit, comme tous les habitants de Portal, dans des cases en bois et en tôles, sans eau ni électricité. Je ne sais pas si cette famille est déclarée ou pas et donc si elle touche les "alloc" où non. Je propose discrètement à Jennifer, avant de partir, des bonbons, du pain, des crêmes vanille, des chips. Elle a l'air d'en être très heureuse.

Le retour se fera sous la pluie, à l'abri de nos capes. C'est normal, il est 15h et comme tous les jours en ce moment... Mais franchement, ce n'est pas désagréable. Il fait un peu plus frais, c'est tout. D'ailleurs, le temps de revenir à St Jean et l'averse est passée. Il est 15h30. Nous discutons avec deux ou trois personnes avant de rentrer à la maison, contents de notre journée et un peu "cuits" par le soleil. Surtout Dominique qui ne s'était pas protégé ! Actualités du mois d'août ... - Soyouz arrive à Kourou...

- Les "mules" rivalisent d'imagination pour faire passer de la drogue...

... dans les tuyaux d'échappement, dans des boules de billards, mélangée à des produits alimentaires, dans les semelles de tongs, citrons farçis, broderies amidonnées à la drogue, dans des doubles fonds de gamelles...

- Et ce n'est pas fini car la fête patronale de St Laurent arrive et "ils" ont besoin d'argent. De plus, tout le monde (ou presque!) sera à la fête et les maisons seront vides...

dimanche 27 juillet 2008

77 - Chasse au "Pian"

D'abord, qu'est ce qu'un "Pian" ?



Ce n'est pas un rat mais ça pourrait l'être... avec les mêmes inconvénients...


En fait cet animal est de la famille des marsupiaux.


" Le manicou ou pian en Guyane, ou sarigue à oreilles noires (Didelphis marsupialis) est une espèce d'opossum un peu près aussi gros qu'un chat. Sa queue mince et lisse peut atteindre la même taille que le corps proprement dit (50 cm). Il pèse entre 500 et 1500 grammes. Ses gros yeux sont habitués à l'obscurité. Il possède des crocs acérés, ses prémolaires sont coupantes et ses molaires broyeuses. Sa bouche est remplie de 50 dents. Les poils ou vibrisses de son museau sont très sensibles et font office d'organe tactile. Les quatre pieds du manicou ont des pouces inversés.


Le manicou est un animal nocturne, il passe la majeure partie du jour à dormir dans des arbres creux, la tête placée en dessous du reste de son corps. À l'aurore, il descend au sol chercher sa nourriture. Le manicou mange des fruits ( des mangues par exemple), des vers, des grenouilles, des insectes et parfois aussi des oiseaux et des œufs. Il se déplace très lentement, ce qui a parfois comme conséquence la collision avec des voitures sur les routes, donc la mort. Lorsqu'il se sent en danger, il devient agressif et émet une odeur désagréable et si le danger se rapproche, il s'évanouit pour déstabiliser l'adversaire." Wikipédia.


Bon. Donc depuis plusieurs jours, nous entendons courir sur le toit de la terrasse, entre les feuilles de palmiers et les tôles. Rien à faire, malgré l'appât "anti-rat", les intimidations avec des tiges de bambou, des coups de balais... ça courre toujours...


Et exceptionnellement, dans la nuit de mardi à mercredi, je ferme la porte d'une de nos chambres inoccupées pour y mettre un déshumidificateur. Deux gros bruits nous réveillent dans la nuit mais après inspection de la maison ( j'ai négligé d'aller voir dans cette chambre puisqu'elle était fermée... ), je me recouche et m'endors jusqu'au lendemain matin.


A 7h, nous trouvons cette chambre sans dessus-dessous: fer à repasser , vieille antenne de télé qui était posée sur un meuble, cartons, rideaux, nappes... tout est par terre. Je trouve également une grosse crotte sur le meuble à balai. Nous pensons tout de suite à un pian.


Mais il nous faut aller au boulot. De toute façon, il ne bougera pas pendant la journée.


En rentrant le soir, Dominique commence à vider les placards et ouvrent tous les cartons d'emballage que nous y stockons.... et se dépêche d'en refermer un car le pian y est caché.


Je vous laisse deviner la suite... Vraiment, nous ne pouvons garder un animal comme ça dans la maison... et si nous le relâchons dehors, il reviendra maintenant qu'il y a imprimé ses odeurs.

lundi 14 juillet 2008

76 - WE du 14 juillet

Samedi 12:
Ce matin, Dominique fait le marché pendant que je vais travailler à cause d'une épidémie de bronchiolite.


Vers 15h, on nous livre la citerne d'eau que nous avions commandée au Surinam. La Guyane et le Surinam ne sont séparés, je vous le rappelle, que par 10 mns de traversée du fleuve Maroni. 2000 litres. Nous préparons la saison sèche. Il est tellement absurde et anti-écolo de tirer l'eau du robinet pour arroser le jardin dans une région où il pleut tellement ! Tous les villages isolés possèdent ce type de réservoir. C'est leur seule source d'eau. Donc Dominique passe son après midi à installer ce "Tuff Tank" derrière la maison.




Pendant ce temps, j'entreprends de finir de nettoyer et de repeindre le portail. Dominique l'avait auparavant "dérouillé". J'espère que nous en aurons pour un moment mais, ici, la rouille se reforme tellement vite !



En fin d'après midi, je retourne soigner un bébé amérindien au village Paddock, un quartier au sud de Saint Laurent du Maroni. Il est vraiment très encombré et une séance de drainage bronchique s'impose. La "maison", en dur, est la dernière du village, au bord du Maroni. Un emplacement de rêve ! Malheureusement, quelle crasse. Il est vrai que le mobilier est très rudimentaire, mais cela n'empêche pas la propreté. Je ne pourrai pas m'occuper du bébé sur la "table à langer", tellement elle est sale. Je suis obligée de travailler par terre sur un matelas posé à même le sol. Ils savaient pourtant que je venais. La petite plage située devant leur maison est jonchée de détritus. Quel dommage !


Dimanche 13.





Ce matin, je retourne encore voir "mon" bébé à Paddock. Cette fois, la table à langer et son petit matelas sont très propres. C'est tellement mieux comme ça. La maman, très jeune, semble fière de ce changement et je ne manque pas de m'en réjouir. Elle parle très bien le français.






L'évènement du jour est la première sortie de Dominique sur la moto qu'il vient d'avoir. Une yamaha XT 600. Il va aller l'étrenner sur la piste Voltaire avec Jean Luc, à qui il l'a achetée.









Il revient emballé et courbaturé: le trial, ce n'est pas la petite balade tranquille sur route...





Je sens que je ne suis pas prête de monter derrière ! Mais avec un logo comme ça, il n'a pas besoin de moi !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!





Lundi 14.


Nous avons prévu d'aller piqueniquer sur une petite plage du Surinam avec N. et Jean M. Ce sont leur dernière journée en Guyane. Ils s'envolent demain vers des eaux plus claires: La Polynésie. Plus précisément: Mooréa , que nous avons d'ailleurs eu la chance, il y a quelques années, grâce à des amis Jurassiens, de connaître.


N. et J.M. vont beaucoup nous manquer et nous sommes très heureux de passer cette dernière journée avec eux.


C'est très nouveau pour nous, jeunes "expat"... et malheureusement trop courant, de se découvrir de nouveaux amis et de les voir partir... beaucoup trop tôt... Peut-être pourrons nous, un jour, aller les rejoindre... pour des vacances, pour un séjour plus long ??? On ne sait jamais !
Laure, ma collègue, qui est revenue à St Laurent après un an passé à Mayotte pour nous remplacer, moi et mes deux autres collègues, à tour de rôle sera de la partie. C'est elle qui, pendant notre séjour en métropole, nous a gardé la maison.







Et bien, nous n'irons pas loin... Nous quittons la place de l'office du tourisme et 10 mns plus tard, nous sommes obligés de nous arrêter entre la Charbonnière et Balaté. L'hélice tourne dans le vide...


Cela fait au moins 8 mois que nous n'avions pas fait de bateau. Il se venge !


Les hommes essayent de réparer mais il faut se rendre à l'évidence, il faut changer l'hélice.


Tant pis ! Il faut s'ADAPTER ( maître mot en Guyane ). Nous décidons alors d'aller piqueniquer à la cascade de la crique crevette.
Dominique fait du stop pour aller chercher le 4X4 et nous rentrons le bateau au bercail. Nous repartons aussitôt vers la nouvelle route d'Apatou pour rejoindre notre nouvelle destination.


Nous avons le site rien que pour nous. L'eau est claire, rouge mais limpide. Nous passons là un très bon moment.



A peine installés, Laure nous promet la pluie pour 15h .




Et bien, ça ne loupe pas ! Bien repus, nous nous installons pour la sieste. ... Et c'est parti ! Un orage ! Laure, tu nous portes la poisse ! La météo avait promis du soleil, rien que du soleil ! Nous plions bagages et retournons au 4X4. 10 minutes de marche sous la pluie... et ça s'arrête !


Nous sommes de retour à St Laurent du Maroni pour 16h. Cela permet à N. et J.M. de finir leurs derniers préparatifs de départ .


Bon voyage à vous . N'oubliez pas de nous faire partager cette nouvelle tranche de vie à Mooréa....


La journée se termine tranquillement, un peu tristement.

mardi 1 juillet 2008

75 - Premier Juillet

(.....................................)





Grande parenthèse.................

Nous étions partis en métropole.


Notre séjour fut formidable: famille, amis, soleil, bain de mer à 15° ! (ouf, je ne suis pas perdue pour la Bretagne ! ), fraîcheur, repas gastronomiques...

Nous voici revenus "chez nous". Avec plaisir, ma foi.
Pour le moment, nous reprenons notre train train quotidien mais promis, bientôt, nous repartons en balade.
En attendant, voici un peu d'actualité quotidienne Guyanaise rigolote, pas rigolote du tout ou insolite...











Une petite anecdote due à la diversité linguistique.


En tant que trésorière de l'association qui gère les entrées de la piscine voisine, je reçois les demandes d'inscription.


L'autre jour, une dame me téléphone pour me demander: "Pourrais je m'inscrire pour me laver ?" Très surprise et ne comprenant pas du tout, je lui demande de me répéter: " oui, pour me laver, c'est bien vous que je dois contacter ?" Je finis par comprendre qu'elle voulait dire " se baigner". Je pense que cette dame était créole et que, pour eux, cela se dit comme ça. J'avoue que j'ai bien ri.


Autre curiosité créole:



Qu'est ce que c'est d'après vous? Une bougie ? Pas du tout !


C'est une "chandelle molle": ça s'achète 80 cts chez le chinois du coin et cela s'utilise en friction contre toutes les douleurs et parfois, mélangée avec du camphre. A l'odeur, on dirait vraiment de la bougie ou de la glycérine mais c'est effectivement beaucoup plus mou qu'une bougie ordinaire. J'essayerai à la première occasion..




A très bientôt..............


lundi 12 mai 2008

74 - Camp Cariacou ( Mai 2008 )

Et voici le mois de Mai...........

Charité bien ordonnée... je commence par mon anniversaire !
Fêté deux fois dans la même journée... génial...merci à tous...


Puis le 8 mai, pont, WE, lundi de pentecôte... 5 jours pour élargir un peu notre terrain de jeu.
Le Centre Spatial de Guyane, Kourou, Camp Maripas et Camp Cariacou sont au programme.
Dominique est un peu fatigué en ce moment. Ce dépaysement au milieu de la forêt devrait lui faire le plus grand bien...
Nous partons donc vendredi matin, après avoir confié la maison à Leroi.
Premier arrêt au CSG pour la visite du Musée de l'Espace. 1h30 environ.
La Guyane est petite. Dominique y retrouve 4 personnes de ses connaissances...
Maquette grandeur nature de la fusée Ariane.


Moteur de la fusée: "Vulcain".
La salle Jupiter d'où nous espérons, sur invitation, voir un jour un lancement ... Petite balade sur la plage de Kourou. Des kitesurf ! On avait oublié que ça existait...

Installation à l'hôtel des Roches. La vue sur la rivière Kourou est très agréable. L'autre face de l'hôtel donne sur l'atlantique ( la plage des Roches ).
Nous partons ensuite faire un petit tour en ville et "se faire offrir l'apéro" par nos amis Phil. et Domi. Nous dînons au "P'tit café sur la place Monnerville.
... J'y retrouve une patiente...
Bonne adresse... à retenir...
Après une bonne nuit, calme, nous rejoignons le "Camp Maripas" à 9h30. Nous sommes accueillis par un petit déjeuner bien sympathique. Le groupe de 20 personnes est constitué en grande partie d'enseignants mais aussi d'une sage-femme libérale, d'une formatrice, d'une animatrice, d'un salarié du CSG. Des retraités, des jeunes, des moins jeunes comme nous et 4 enfants de 2 ans à 13 ans. ... Oh, j'allais oublié un caniche: "Onyx" ! Tous vivent en Guyane à l'exception d'une famille de Guadeloupe en vacances.

Le camp Maripas est tenu, comme le camp Cariacou où nous allons passé le WE, par Thomas. Les nouvelles normes de sécurité incendie l'ont obligé à refaire le toit de son carbet principal en feuilles de palmiers "ignifugées", c'est à dire en "plastique". J'en avais entendu parlé mais je ne pensais pas que cela pouvait aussi bien " imiter" les vrais, donc... c'est un moindre mal. Pour l'environnement, c'est un autre problème ! (Fabrication du plastique, déchets... ) Ces imitations de feuilles de palmiers sont fabriquées au Canada et sont garanties 20 ans. La toiture traditionnelle est à refaire, dans le meilleur des cas, tous les dix ans.
... et nous y retrouvons une infirmière de l'hôpital de St laurent venue y passer la journée pour faire du kayak...


Nous partons en convoi vers le "dégrad Saramaka" ( débarcadère Saramaka ). Nous déchargeons les voitures et les chauffeurs partent les mettre à l'abri chez un gardien pour 5€ le WE.
Le trajet en pirogue dure environ 20 mns. Nous quittons la rivière Kourou pour prendre la crique "Couille" (et oui ! ) puis la crique Cariacou (ille).

Installation au Camp Cariacou. Le site est très agréable, bien entretenu.

Thomas nous répartit dans les "carbets couchages". Nous installons nos hamacs.
Et c'est parti pour la première balade .
Le thème en est: Comment survivre en forêt en utilisant ses ressources naturelles ?
Je me chausse bien, mets un pantalon serré aux chevilles et en route... Je ne suis pas tombée une seule fois malgré les "chausses-trappes" installées par "je ne sais qui" tout le long de ce parcours naturel de "croquet" ! Nous n'avions pas les balles ni les crosses pour y jouer, dommage !
Cueillette de fruit de palmier "wassaï" ou "pinot" pour en faire un jus très vitaminé... Nous n'aimons pas beaucoup. J'en ai déjà parlé dans de précédents articles, n'est ce pas les filles !
C'est Thomas qui s'y colle !


Dommage, ils ne sont pas mûrs, encore verts !

Bon, en fait, on va abattre un autre wassaï car on peut aussi l'utiliser pour beaucoup d'autres choses. Heureusement, le suivant est bien choisi. les fruits sont bien noirs.

Louis, notre très sympathique guide amérindien, nous montre ensuite comment utiliser les feuilles, en les tressant, pour couvrir un carbet de fortune.


Les autres feuilles servent à fabriquer un "katouri" (sac à dos) pour transporter notre cueillette... Les sangles sont faites avec l'écorce de l'arbre "Maho".



Dominique est très attentif !


Voilà ce que ça donne une fois fini... extraordinaire...

Et ce n'est pas tout, le "coeur de palmier" vient aussi de ce wassaï...


Un arbre entier pour un morceau si petit... le rendement n'est pas formidable... mais quel délice !


Et ça, qu'est ce que c'est ? Une graine du palmier Maripas ( vous savez, les si jolies coques utilisées en corbeilles à fruits... ). Et bien dans cette graine loge une petite larve blanche qui, paraît-il, est également délicieuse. Deux courageux ont essayé et ont trouvé ça bon. J'aurais bien aimé goûter aussi mais la pluie nous fait accélérer le rythme... J'en ramasse quelques unes pour essayer plus tard... je vous dirai ce que ça donne...

Dame nature nous offre au passage un spectacle dont nous ne lassons pas. Même Thomas, 13 ans, n'arrête pas de répéter: "que c'est chouette !". Il habite pourtant en Guyane depuis 8 ans et connaît déjà bien la forêt.


Une fleur au coeur bleu.



Des oeufs de "perdrix-poules" abandonnés là à cause d'une inondation de cette zone trop proche de la crique. Vous avez vu leur couleur ? Stupéfiant !

Je n'ai jamais vu aussi souvent de couleur bleue que dans la nature guyanaise. Souvenez vous des graines d'arbres du voyageur.
Nous regagnons le camp et ramassons au passage une grosse cabosse de "cacao-rivière" dont nous nous ferons un régal à l'apéritif ce soir. ( Attention aux calories ! )

Nous cueillons également des fruits de "moucou moucou" sur les berges de la crique. Tiens au fait, on a oublié de les goûter...


... ça continue, nous retrouvons, en train de pêcher le long de la crique, Nat., Jean M. et Alyx. avec qui nous avions fêter mon anniversaire jeudi midi !...


Il est bientôt 14h et le déjeuner est le bienvenu: Apéro, Salade de couac aux poisson mariné, tranche de lard grillées, purée de papaye verte, haricots verts, fromage, bananes flambées, vin, eau (quand même ! ), café.

Le camp n'a pas de groupe électrogène. Donc pas de lumière, pas de four bien sûr... Toute la cuisine est faite au feu de bois. Bravo au cuisiner ( bushi-nengé ). C'est très bon.


Sieste-hamac, incontournable...

Puis Dominique s'essaye à la pêche... en vain !


Heureusement, d'autres seront plus chanceux et nous aurons donc de quoi manger demain midi. Ce sont des carpes rouges.


L'après midi passe très vite. Le groupe se partage en deux. Dominique retourne en forêt . Les autres prennent les canoës et vont explorer les rives du Kourou.


Ma cheville m'oblige à être raisonnable et je reste seule au camp... Baignade, lecture, calme absolu au bord de la crique... que j'aime ça ! Un vrai moment de plaisir. J'ai toute la forêt pour moi toute seule et en toute sécurité. Je m'exerce à entendre le moindre bruit. Insectes, poissons sautant hors de l'eau, oiseaux...


L'apéro et le dîner se passent dans la bonne humeur générale, chacun racontant ses exploits de la journée... L'ambiance est très bonne. Apéro, poulet, chips de dachine et de patates douces, fromage, vin, dessert (?).
Vers 22h, Louis propose une balade nocturne en pirogue à la recherche de caïmans et de serpents... Infatigables, Dominique et quelques adultes ainsi que Thomas, notre intrépide junior, nous laissent et partent à l'aventure...

Je reste discuter avec un couple d'anciens St laurentais qui habitent maintenant à Rémire-Monjoly, la "plage de Cayenne". Arriveront-ils à me décider à passer des vacances au Brésil ? En tout cas, ils sont, eux, enthousiasmés par ce pays et y retournent régulièrement. Qui sait ?

Nos courageux reviennent une bonne heure après, avec, à leur tableau de chasse "photographique", bien sûr, un BOA CANIN.


Boa Émeraude : Une jolie couleur pour une bestiole assez agressive
Nom scientifique : Corallus Caninus Nom commun : Boa émeraude, boa canin


Classe : reptiles Famille : Boïdaes Aglyphe - Inoffensif
Le Boa Émeraude est ainsi appelé pour la jolie couleur verte qu'il arbore, avec de part et d'autre de la ligne vertébrale, des tâches blanches. Il peut atteindre 1,5 mètre. Il est aussi appelé "Boa canin" à cause de la tête qui évoque celle d'un chien. C'est un serpent nocturne et arboricole. Sa couleur verte lui assure un camouflage parfait dans les feuillages. Il mord assez facilement l'homme s'il se sent en danger, mais est moins agressif que le
Boa de Cook. Il se nourrit de petits mammifères, d'oiseaux et de batraciens qu'il tue par constriction. Il détecte ses proies grâce à un organe spécial, appelé organe voméro-nasal, sensible à la chaleur, et situé le long de sa mâchoire.


Tout le monde sombre ensuite dans un profond sommeil. Pas si profond que ça quand même... les hurlements des singes hurleurs sont si extraordinaires à entendre... on se retiendrait de dormir pour ne pas en louper une miette...

En tout cas, pas de ronfleurs dans notre carbet, cette nuit... super !

Je suis la première à me réveiller vers 6h. Je saute hors de mon hamac et me précipite vers le débarcadère. Je ne voudrais pas manquer le réveil des loutres géantes qui, paraît-il, remontent la crique presque tous les matins...

Pas de chance. Je ne les vois pas. mais j'assiste, émerveillée, au réveil de la forêt et à la pêche matinale d'un colibri qui se délecte de minuscules petits poissons et insectes en rasant l'eau de la crique et en faisant du sur-place dans un vrombissement surprenant.

Après le petit déjeuner., balade en canoë. On profite de la marée montante pour remonter la crique Cariacou. Cette crique est très belle, petite, étroite, encombrée de nombreux arbres, tombés en travers qu'il faut passer, soit en débarquant et en portant le canoë, soit en passant en dessous quand c'est possible. Tout le monde adore. De nombreux papillons "morphos" nous accompagnent tout le long. Leur bleu brillant, métallique, nous émerveille. Ils nous narguent en faisant du "rase-motte" au dessus de nos têtes. Mais l'expérience nous a appris que ce n'était pas la peine de sortir les appareils photos... ils sont impossibles à prendre en vol. Nous nous contentons donc du merveilleux ballet qu'ils nous offrent.

Paolo, notre accompagnateur brésilien, nous conduit jusqu'à une petite plage de sable blanc où l'eau est très limpide et très fraîche. Je m'y baigne avec délice. Il nous offre alors des boissons rafraîchissantes . Fantastique ! Nous avons du mal à réaliser que nous sommes en pleine forêt amazonienne. Un vrai bonheur.


Nous revenons au camp le plus doucement possible afin de profiter au maximum de ce cadre enchanteur...

Déjeuner: Salade de choux, morceaux de poisson en friture ( notre pêche, en partie seulement car il n'y en aurait pas eu assez ! ), riz, haricots rouges, couac, fromage, corbeille de fruits.

... sieste obligatoire...

Atelier vannerie avec Louis pour certains...
Nous avions ramassé hier des tiges d'aroumans qu'il a préparées, découpées et travaillées avec une facilité déconcertante. Ce dont nous nous sommes rendu compte surtout quand cela a été à notre tour d'"oeuvrer" ! Ouh là là, on a du boulot sur la planche. j'ai ramené à la maison de quoi m'exercer...
Tyrolienne au dessus de la crique pour d'autres. Les enfants ont adoré.

Et malheureusement, il est 16h et nous devons ranger nos affaires et repartir...
Nous pleurons de devoir quitter ce lieu hors du temps... et le ciel aussi d'ailleurs... et pas qu'un peu !!!!!!!!!!!!

Encore un merveilleux souvenir...
Venez nous voir ! Nous aurions tellement de plaisir à vous faire découvrir des endroits comme ça...

Ce sera notre dernière balade avant nos vacances en métropole. Donc à bientôt... en personne, cette fois...

Sur le marché de St Laurent.

Quand trouver tel ou tel produit frais sur le marché ?
Consulter l'article "Le marché de St Laurent" dans la colonne de droite.
Vous pouvez aussi voir toutes les photos "gastronomiques" avec leurs légendes sur:
http://picasaweb.google.com/cdleroux/GastronomieEnGuyane#