J’ai donc pensé que c’était l’occasion de vous parler du « Mariage », tel qu’il est organisé chez les Ndjukas, très nombreux autour de St Laurent du Maroni et de Mana.
Les Ndjukas sont des descendants d’esclaves africains qui ont fui l’esclavagisme au XVII° et XVIII° siècles. Ils sont ainsi dénommés aussi « Noirs marrons » (le maronnage étant la fuite). Ils viennent surtout du Surinam et se sont installés le long du fleuve Maroni.
La société Ndjuka est basée sur la « matrilinéarité » (filiation à base maternelle).
Tout « mariage (libi anga = vivre avec) commence par de longues tractations entre les femmes des deux familles des deux « protagonistes ». Il s’ensuit également des libations aux ancêtres et aux "esprits".
La jeune fille aura auparavant reçu le « don du pagne », quand sa mère (celle qui l’a faite ou celle qui l’a élevée) l’aura jugée prête à procréer, quelque soit son âge.
Les mariages forcés n’existent pas mais ils peuvent être « arrangés ».
Le contrat de mariage:
- Pour le mari :
Défricher une zone de forêt pour que la femme puisse cultiver son manioc et d’autres choses. Chasser et pêcher pour nourrir sa famille. Fabriquer une pirogue. Fabriquer la literie, une batterie de cuisine. Les hamacs sont moins utilisés que chez les amérindiens. Assurer à son épouse: « le sel, le savon et l’huile pour la lampe ». L’ « honorer » régulièrement. la fréquence n’est pas précisée ! Il n’a pas le droit de divorcer en dehors d’une faute avérée de son épouse. A part cela, il est totalement libre de sa vie personnelle : maîtresses, aventures, voyages… - Pour la femme :
Fidélité à l’époux. Elle pourra sinon être battue ainsi que son amant par son mari et ses frères.
Assure les taches domestiques.
Soumission au mari pour toute activité extérieure.
Elle peut à tout moment , si elle s’estime négligée ou opprimée, rejeter son mari. Ce rejet lui rendra très difficile de trouver une nouvelle femme. Cette difficulté rejaillira également sur les frères de son mari.
La femme ne peut pas vendre elle-même un produit de son « abattis » ou de sa pratique artisanale.
Les femmes disent volontiers qu’elles portent leur « trésor » entre leurs jambes. (Maintenant, elles parlent de leur « compte en banque").
Toutes ses règles sont garanties par les parents, oncles et frères.
La polygamie est tout à fait reconnue et même semble « obligatoire » pour beaucoup.
Pour avoir une deuxième et même une troisième femme, l’homme devra prendre les mêmes engagements qu’avec la première. Il devra aussi avoir l’autorisation de sa première femme qui saluera la nouvelle venue par un « gi odi » (donner le bonjour).
Autant dire que la vigueur physique et sexuelle de l’homme risque d’être mise à rude épreuve… si il respecte ses engagements. Mais quel honneur aussi !
Alors, de plus en plus souvent, à cause des familles dispersées qui ne peuvent plus contrôler, ils prennent plutôt des « maitresses ».
Le mariage ne scelle aucune propriété commune. Ceci rend la séparation beaucoup plus simple !
En cas de grossesse avant mariage, les femmes des deux familles palabrent longtemps et l’homme aura trois mois après l’accouchement pour décider de se marier ou pas.
Une personne mariée a bien meilleure réputation qu’un ou une célibataire.
Le lien du mariage ndjuka, dûment agréé par les familles n’est jamais pris à la légère.
La Guyane est à gauche sur la photo, le Surinam à droite.
Cette île, la plus grande du fleuve, était la propriété de M. TANON. Il y avait créé une scierie et une rhumerie qui a très bien fonctionné jusqu'à ce que les cuves explosent, en 1964.
Avant lui, en 1881 M. Bar, propriétaire de l' usine, produisait déjà du rhum.
Il employait des engagés indiens et des bagnards (une geôle avait été construite sous la maison de maître). Le rhum était vendu aux gens des alentours qui venaient chercher l' eau-de-vie dans des seaux. L' usine et les terres de l' îlet ont été ensuite rachetées par M. Gonzalès qui y a installé une famille Boni (noir marron) pour la surveillance et l' entretien des parcelles.
Actuellement, cette île est à vendre mais d'un seul tenant et personne n'a les moyens de l'acheter. Elle est "squattée" par de nombreux bushinengés qui y ont construit des "campoes" (petits villages).
C'est dans l'un d'eux que nous allons nous arrêter manger.
L'autre particularité de cette île est que le "Club Med" avait commencé à y construire un village . Le projet a été ensuite abandonné. Tout le matériel qui y avait été apporté a été volé: sanitaires, baignoires, matériaux de constructions...
Nous partons du village St Jean du Maroni. Le débarcadère se trouve juste en face du G.S.M.A. ( Groupement du service militaire adapté ). La voiture et la remorque seront en sécurité.
Nous allons d'abord découvrir la crique "Serpent", un peu plus en amont. Nous passons entre la côte Guyanaise et un chapelet de sept îles. Le paysage est très beau. Nous découvrons à chaque fois de nouvelles plantes.
- Les "mules" rivalisent d'imagination pour faire passer de la drogue...









